_Mademoiselle_ DE L'ENCLOS _à M._ DE SAINT-EVREMONT.
1693.
M. _de Charleval_ vient de mourir, et j'en suis si affligée, que je
cherche à me consoler par la part que je sais que vous y prendrez. Je le
voyois tous les jours. Son esprit avoit tous les charmes de la jeunesse,
et son coeur toute la bonté et la tendresse désirable dans les véritables
amis. Nous parlions souvent de vous, et de tous les originaux de notre
tems. Sa vie et celle que je mène présentement avoient beaucoup de
rapport. Enfin, c'est plus que de mourir soi-même qu'une pareille perte.
Mandez-moi de vos nouvelles. Je m'intéresse à votre vie à Londres, comme
si vous étiez ici, et les anciens amis ont des charmes que l'on ne
connoît jamais si bien que lorsqu'on en est privé.