Toi que Dieu mêle à l’existence,
Léger fantôme du bonheur,
Douce fille de l’espérance,
Illusion, prestige, erreur,
De songes célestes suivie,
L’homme te répand sur sa vie,
Ta main agite son berceau:
Cette main toujours le caresse,
Et quand vient la pâle vieillesse,
Tu t’assieds près de son tombeau.
Par toi l’infortuné soulève
Le fardeau posé sur son cœur;
S’il sommeille, l’aile d’un rêve
Lui cache un instant sa douleur.
. . . . . . . . . . . . . . . .
Souriant ou versant des larmes,
Par toi l’homme trouve des charmes
Dans un regard, dans un soupir;
Le passé près du cœur voltige,
Et, paré de ton doux prestige,
Fait un présent du souvenir.
[37] Élisa fut nommée membre de plusieurs académies de province.