J’ai fait deux fois le voyage de Paris à Copenhague: une première fois
au mois d’août 1867, avec un petit nombre de journalistes parisiens et
un plus petit nombre de députés, pour répondre à une invitation
fraternelle venue d’outre-mer et serrer les mains des amis inconnus qui
voulurent accueillir en nous la presse et la nation françaises,--beau
voyage, tout plein de fêtes et d’illusions, dont il ne faut plus parler
aujourd’hui; une seconde fois, avec un aimable compagnon de route, pour
revoir, dans des conditions plus simples et dans leur cadre ordinaire,
les hommes et les choses dont je gardais le plus charmant souvenir,
attristé néanmoins par la pensée des événements terribles qui avaient
brusquement mis fin aux rêves de nos amis danois et aux nôtres. J’étais
parti d’abord sans presque rien savoir, comme la plupart de mes
compatriotes, de cette petite nation qui a une grande histoire, et
n’éprouvant guère que la curiosité banale de touriste pour un pays assez
peu connu; j’y suis retourné avec un intérêt et une sympathie qui ne
pouvaient que s’accroître à un examen nouveau et que je voudrais faire
partager au lecteur.
Du Danemark je n’ai vu qu’une seule île, mais la plus grande, la plus
peuplée, celle qui possède la capitale et les principales villes du
royaume, et je l’ai bien vue. Elle est comme le résumé du pays tout
entier, dans sa plus haute et sa plus brillante expression; elle est le
centre de la vie politique, sociale et littéraire, le foyer de la
civilisation, des arts et des sciences du royaume. Elle nous permettra
d’embrasser en une vue d’ensemble l’étude pittoresque et morale du pays.
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