BLUNT : _Secret History of the English Occupation of Egypt_ ; T.
ROTHSTEIN : _Egypt’s Ruin_.]
[Note 237 : Voir des détails dans _l’Egypte et l’Europe_, par un ancien
juge mixte, et surtout dans _l’Egypte sous l’occupation anglaise_, par
H. RESENER.]
[Note 238 : Tous les travaux de fortifications étaient interrompus à la
suite de l’ordre de Sa Majesté le Sultan. Pour plus de détails, voir
dans les _Documents diplomatiques_ la reproduction d’une communication
verbale que Munir Bey, premier drogman du Divan impérial, avait faite le
12 juillet aux premiers drogmans des six grandes puissances.]
[Note 239 : Lord Granville chargea son ambassadeur à Paris de déclarer à
M. de Freycinet que « cet acte était considéré par le cabinet anglais
comme un acte de légitime défense n’entraînant aucune conséquence et ne
cachant aucune arrière-pensée de la part du gouvernement britannique ».]
[Note 240 : « Quelles qu’aient été ses inclinations, il (de Freycinet)
hésita à l’idée de détacher de la France toute quantité considérable de
troupes, tant la peur et le doute, quant à la menace allemande,
planaient sur la diplomatie française. Il consulta M. de Lesseps, dont
la seule préoccupation était la sûreté du Canal et des intérêts des
actionnaires, auxquels, pensa-t-il, toutes opérations de guerre seraient
préjudiciables. Il convainquit M. de Freycinet des grandes difficultés
de l’entreprise, lui assurant que cinquante ou soixante mille soldats
seraient nécessaires, et même alors, ils seraient astreints à soutenir
une campagne de six mois, et probablement plus. Une opinion venant d’une
telle autorité ne manqua d’exercer une grande influence, et, en fait, la
flotte française se retira du port d’Alexandrie avant le bombardement
des forts par la flotte anglaise. » (Sir RIVERS WILSON : _Chapters of my
official life_, 1916.)
Cette réserve (le silence de la France), et peut-être aussi l’influence
de la haute finance cosmopolite, qui souhaitait ardemment que le
protectorat anglais vînt consolider les différents emprunts égyptiens,
découragèrent les velléités des autres nations. Seule l’Autriche essaya
de tenir l’Angleterre en lisières. » (BIOVÈS : _Français et Anglais en
Egypte_, 1910.)]
[Note 241 : « Le centre des intrigues était à Alexandrie, dans un bureau
appelé section d’informations militaires où se réunirent nombre
d’anglais fonctionnaires du gouvernement égyptien ou résidant dans le
pays. L’âme de cette organisation était Sultan Pacha qui, se rendant
compte que la distribution d’argent au nom des Anglais n’aurait pas de
résultats, et connaissant bien le pouvoir de l’argent sur les esprits,
se mit à en distribuer au nom du khédive et du Sultan, et choisit pour
l’infiltration de ses idées El-Tahawi, un homme de confiance d’Arabi.
Les sommes distribuées variaient entre trois et quatre livres par tête,
et Arabi ne voulait, néanmoins, croire à la trahison des Arabes. Pour
lui donner le change, El-Tahawi avait soin de le mettre au courant de
certains mouvements de l’ennemi, et Arabi de s’empresser aussitôt de lui
confier tous ses secrets. » (MOHAMED ABDUH : _Notes inédites_.)]
[Note 242 : T. ROTHSTEIN : _Egypt’s Ruin_.]
[Note 243 : Voir sur cette guerre BLUNT : _Secret History_ ; DUSE
MOHAMED : _In the Lands of Pharaons_ ; BROADLEY : _How we defended Arabi
Pacha_.]
[Note 244 : « Deux ou trois gouverneurs de provinces, qui avaient pensé
conquérir les bonnes grâces de Tewfick en imitant Omar Pacha Lotfy,
gouverneur d’Alexandrie, et en incitant aux troubles, furent arrêtés par
eux (Ibrahim Fawzy et Ismaël Gawdat) et gardés en prison jusqu’à la fin
de la guerre, et depuis lors il n’y eut aucun incident regrettable. »]
[Note 245 : C. MOLL : _Souvenirs anecdotiques du blocus du Caire_.]
[Note 246 : Voici les lignes essentielles du programme du parti national
adressé par l’intermédiaire de M. Blunt à M. Gladstone le 20 décembre
1881, et paru dans le _Times_ en janvier 1882 :
« Le parti national reconnaît pleinement les services rendus à l’Egypte
par les gouvernements de l’Angleterre et de la France. Il reconnaît le
contrôle européen comme une nécessité de la situation financière, et sa
continuation actuelle comme la meilleure garantie de prospérité pour le
pays. Il déclare son entière acceptation de la dette étrangère comme une
question d’honneur national, bien qu’il sache qu’elle fut contractée,
non dans l’intérêt de l’Egypte, mais dans l’intérêt personnel d’un
souverain malhonnête et irresponsable, et il est prêt à aider les
contrôleurs dans le paiement de toutes les obligations nationales. Il
considère néanmoins l’ordre de choses actuel comme temporaire de par sa
nature même, et ne se dissimule point l’espoir de dégager le pays
graduellement des mains de ses créanciers. Son but est de voir l’Egypte
un jour entièrement entre des mains égyptiennes. Et il n’ignore pas les
imperfections du contrôle, qu’il est prêt à signaler. Il sait que de
nombreux abus sont commis, soit par des Européens, soit par d’autres...
Il ne peut comprendre que des Européens vivant dans le pays restent à
jamais exemptés de la taxation générale... Il ne veut toutefois proposer
de guérir ces maux par une action violente...
« Enfin, le but général du parti national est la régénération morale et
intellectuelle du pays par un meilleur respect de la loi, par le
développement de l’instruction, et par la liberté politique qui
constituent pour lui les éléments essentiels de la vie du peuple. »]
=CONCLUSION=
L’invasion de Bonaparte ouvre l’Egypte à l’influence occidentale.
Mohamed Aly, reconnaissant la supériorité des méthodes européennes,
modifie profondément, par son œuvre civilisatrice, la vie de l’Egypte et
réveille son instinct national.
Cette œuvre devait être continuée par ses successeurs et par une élite
égyptienne qu’il avait formée. Sous Ismaïl, les progrès des
communications modernes et le percement de l’isthme de Suez ont suscité
la convoitise des puissances et l’affluence des étrangers dans le pays.
A l’intérieur, l’invasion de l’occidentalisme marque cette période, dite
de transition. Ismaïl personnifie cette période avec ses défauts
inévitables. Un musulman libéral de l’Inde, M. Huda Bukhsh, signalait
les côtés pénibles de cette transition de l’ancien régime au nouveau :
« L’âge de transition, dit-il, est nécessairement, jusqu’à un certain
point, un âge de morale relâchée, d’indifférence religieuse, de culture
superficielle et de propos légers, mais ce sont des maux transitoires
que le temps guérira de lui-même. »
Ismaïl, aidé de certains ministres comme Nubar, faisait de
l’« européanisme » un système de transformation sociale, mais cet
européanisme du khédive et de sa cour, essentiellement parasite et
nuisible — exception faite de l’œuvre proprement dite, — provoquait les
protestations des Egyptiens un peu sages. Ils « s’alarmèrent de plus en
plus de la manière dont le khédive hypothéquait l’indépendance de
l’Egypte par de gros emprunts européens et épuisait son sang par des
impôts sans fin... En fait, leurs efforts furent dirigés non seulement
contre la bande hétérogène d’aventuriers et de concessionnaires
européens qui inspiraient au khédive des extravagances nouvelles, mais
aussi contre les pachas turcs et circassiens, ses créatures, et contre
les usuriers arméniens et syriens qui était les instruments de sa
volonté. »[247]
Une _fermentation_ générale caractérisa la première période du règne
(1863-1871) : corvée, impôts, conscription forcée, extravagances
khédiviales, prépondérance turco-circassienne et étrangère, absence de
justice, insécurité, tout contribuait à créer cette fermentation.
La faiblesse du gouvernement d’Ismaïl découla de deux faits :
l’absolutisme et le régime capitulaire. Pour y remédier, Nubar, dès
1861, projeta l’établissement de tribunaux mixtes sur une large base ;
mais son œuvre ne reçut un commencement d’exécution qu’en 1876.
D’autre part, depuis 1871, avec l’arrivée de Gemmel-Eddin, un _mouvement
d’idées_ se forma : D’un côté, pour limiter l’ingérence étrangère et le
gouvernement personnel — deux faits connexes — on s’efforça de préparer
les esprits à l’institution d’un régime national et libéral, seul remède
aux maux dont souffrait le pays. On chercha d’un autre côté à réformer
la condition sociale des masses par une juste interprétation des choses
de la religion dont l’esprit avait été faussé par des superstitions, des
traditions et des subtilités théologiques, legs de siècles d’ignorance.
On espérait en même temps préserver la religion, adaptée au progrès, des
attaques de l’occidentalisme.
De cette fermentation et de ce mouvement d’idées est née, en 1877, lors
de la guerre russo-turque, l’opinion publique en Egypte. Une presse
nouvelle servit à former cette opinion, à l’affermir et à lui donner la
manifestation tangible d’une _conscience nationale_ avec laquelle il
faudra compter. La bourgeoisie ou la classe autochtone éclairée engagea
parallèlement la lutte contre l’iniquité turco-circassienne et contre
l’immixtion européenne. En 1881, cette lutte prenait les proportions
d’une révolution ayant pour but la formation d’un gouvernement national
et constitutionnel, qui fît régner la liberté, l’égalité et la justice
pour tous.
La révolution n’a pas réussi dans son œuvre essentielle tendant à lever
la lourde hypothèque qui pesait sur l’Egypte. Par une ironie du sort,
elle a même favorisé, dans une certaine mesure, cette intervention
étrangère qu’elle redoutait tant. Elle porta tristement le poids de la
défaite.
La révolution était _populaire_ ; mais elle n’était pas suffisamment
profonde pour se relever aussitôt des effets de la défaite et combattre,
sans répit l’occupation ; elle n’était pas non plus superficielle au
point de s’éteindre et de faire le deuil de son idéal.
Un souffle de foi et d’espérance avait rempli tous les cœurs. L’idée
nationale était formée ; elle n’attendait qu’un chef capable de
regrouper les forces éparpillées, en former de nouvelles, et réveiller
les esprits : ce fut _Moustapha Kamel_, fondateur du parti national
égyptien, premier parti organisé avec un programme défini et un chef
reconnu. C’est à partir de 1896, au début du règne de l’ancien khédive
Abbas Hilmi, que ce patriote ardent commença son action de propagande
contre la domination anglaise.[248]
Cependant la minorité turque ou circassienne ne constituait plus, depuis
l’occupation, un élément isolé. Soit par suite d’alliances répétées avec
les Egyptiens, soit par suite de transformation lentes, œuvre du temps,
elle se laissait absorber par le type dominant de la race et
disparaissait dans le bloc homogène. Le contact avec l’Europe
s’établissait sur des bases plus larges et plus saines. La bourgeoisie
éclairée recrutait ses éléments les plus actifs parmi les avocats —
devenus nombreux grâce à la réorganisation des tribunaux indigènes — et
les journalistes de talent. Avec le temps, elle étendait son champ
d’action sur les villes et même les campagnes et trouvait dans la
jeunesse ardente des écoles la cheville ouvrière du mouvement dont la
direction lui appartenait.
Survient la guerre mondiale. D’une part, cette guerre a secoué l’Egypte
où les esprits étaient préparés à accueillir le nouvel évangile des
droits des peuples. D’autre part, le protectorat établi en 1914 et son
régime durement subi par toutes les classes pendant la guerre avait
accumulé des haines et des causes de mécontentement contre la domination
étrangère parmi les fellahs aussi bien que parmi l’élite du pays. Il est
bon de rappeler qu’il existe en Egypte des rapports intimes entre les
différentes classes et que l’aristocratie intellectuelle et
l’aristocratie terrienne font, en réalité, partie de la haute
bourgeoisie qui a de solides attaches avec le peuple et qui est, comme
lui, directement issue du sol. Un bourgeois, dans ce pays agricole,
n’est qu’un paysan éclairé. Quelles que soient son éducation et ses
habitudes, c’est le membre d’une famille de fellahs. Dans un sens élevé,
il sent le terroir.
Dès l’armistice, un mouvement profond, sans précédent dans l’histoire de
l’Egypte moderne, se déclenche et prend le caractère d’une révolution
_nationale_ qui se cristallise autour du _wafd_, délégation mandatée par
la nation pour défendre la cause de l’Egypte. C’est la révolution de
1919 qui suit son cours.
Le peuple nilotique, foncièrement pacifique, prend maintenant goût à la
lutte qui stimule toutes les énergies en réserve depuis des siècles et
bannit de la cité politique cette quiétude de l’Orient attribuée, à tort
ou à raison, au climat ou à l’esprit de l’Islam. Ce goût se transporte
sur le terrain économique et réagit contre l’absence plus ou moins
marquée de l’esprit d’entreprise chez la bourgeoisie dans la haute
banque, le haut commerce et l’industrie, restés l’apanage de l’étranger.
Par une déclaration en date du 28 février 1922, l’Angleterre abolit le
protectorat sur l’Egypte et reconnaît son indépendance. Toutefois,
quatre points réservés font de cette indépendance une sorte
d’_occupation invisible_. Les revendications principales des Egyptiens,
touchant l’évacuation complète et le Soudan, feront l’objet de nouvelles
négociations entre l’Egypte et la Grande-Bretagne.
Telle est, dans ses traits essentiels, la genèse de l’esprit national
égyptien.
[Note 247 : Voir l’ouvrage d’un auteur américain : _Le Nouveau Monde de
l’Islam_, par LOTHROP STODDARD, Payot 1923. Malgré des erreurs de
détail, cet ouvrage renferme maints renseignements utiles à tous ceux
qui s’intéressent à l’évolution de l’Islam.]
[Note 248 : Lord Milner dit à propos du mouvement égyptien de 1893 :
« Le mouvement national de l’année dernière, tout différent de celui du
temps d’Arabi, ne fut pas _une levée spontanée du peuple contre une
oppression intolérable_. » (_L’Angleterre en Egypte_.)
Lord Cromer écrit : « La majorité des paysans sympathisait avec Arabi.
Ils se tournaient vers lui pour les délivrer de l’usurier et du pacha. »
(_Modern Egypt_.)]
BIBLIOGRAPHIE
BIBLIOGRAPHIE
* * * * *
Nous donnons ici un exposé succinct de nos principales sources. Il
existe sur l’Egypte une bibliographie remarquable qu’on peut toujours
consulter avec fruit : _Bibliographie économique, juridique et sociale
de l’Egypte moderne_ (1798-1916), par René MAUNIER, Le Caire 1918.
Cette bibliographie[249], donne des indications précises sur les
ouvrages et les différentes bibliothèques où ils se trouvent.
La Bibliothèque Nationale de Paris, possède une riche documentation sur
l’Egypte, mais il faut consulter, pour tous ouvrages parus avant 1884,
l’ancien catalogue (Casier L : Afrique), bien plus complet que le
nouveau catalogue classé par matières.
DOCUMENTS ET OUVRAGES PUBLIES
Il existe sur l’Egypte en arabe, en français et en anglais, une foule de
documents _pour servir à l’histoire, pour éclairer_ ; mais il y a très
peu d’ouvrages d’histoire proprement dits. Il faut citer, en premier
lieu, les documents officiels : le livre jaune (Documents diplomatiques,
Affaires d’Egypte (1880-1882), et le livre bleu, (Egypt, correspondence
respecting the affaires of Egypt (1876-1882).
Les ouvrages dont nous nous sommes servis le plus :
A. — Le règne de Mohamed Aly. C’est assurément la période le mieux
étudiée en France :
CLOT (A.-B.). _Aperçu général sur l’Egypte_, 2 vol. in-8o, 1840.
GOUIN (E.). _L’Egypte au XIXe siècle_, in-8o, 1847.
MOURIEZ (P.). _Histoire de Méhémet-Ali_, 5 vol. in-8o, 1855-1857.
ABD EL RAHMAN EL DJABARTI. _Merveilles biographiques et historiques_
(traduction de l’arabe), 4 vol. in-8o, 1891-1896. (Egypte de 1798 à
1820). C’est le point de vue égyptien exposé par un historien
contemporain, témoin des événements.
B. — Le règne de Saïd.
MERRUAU (P.). _L’Egypte contemporaine de Méhémet-Ali à Saïd Pacha_
(1840-1857), in-8o, 1858.
Cet ouvrage étudie de façon claire et approfondie, les réformes de Saïd
qui marquent cette période que les historiens anglais appellent l’âge
d’or ; mais il est nécessairement incomplet. Deux bons ouvrages étudient
les embarras financiers de Saïd qui ont assombri la fin du règne :
_Egypt for the Egyptians_, par un auteur anonyme. Londres, 1880.
_Histoire financière de l’Egypte depuis Saïd Pacha jusqu’à 1876_, par J.
C. (J. CLAUDY), Alexandrie, 1877.
C. — Le règne d’Ismaïl. Certaines questions se rapportant à ce règne
sont bien étudiées. Telle, par exemple, la question du Canal de Suez,
traitée dans un ouvrage magistral et définitif de :
CHARLES-ROUX (J.). _L’Isthme et le Canal de Suez. Historique, état
actuel_, 2 vol. in-8o, 1901, 516, 550 pages.
Telle, aussi, la question financière, dont il n’existe, cependant, étant
donné sa complexité étendue, une étude complète :
MAC COAN (J.). _Egypt under Ismaïl. A romance of history, with an
appendix of official documents_, in-8o, 1889.
_Egypt_. No 7 (1876). _Report by M. Cave on the financial condition of
Egypt_.
Rapport traduit en français in _L’Economiste Français_, 8 avril 1876.
SEYMOUR KEAY (J.). _Spoiling the Egyptians : a tale of shame told from
the british blue books_. Londres, 1880.
D’après M. Blunt (introduction d’_Egypt’s ruin_), cette brochure fit
sensation en 1882 et détermina en Angleterre un courant d’opinion
favorable à l’Egypte.
RIVERS WILSON. _Chapters of my official life_. London, Arnold 1916.
ROTHSTEIN (Th.). _Egypt’s ruin. A Financial and administrative record_.
Londres, 1910.
MULHALL. _Egyptian finance_. _Contemporary Review_, oct. 1882.
WILSON (J.). _The eleventh plague of Egypt_. _Fortnightly Review_.
XXXVIII, 1882.
DES MICHELS. _Souvenirs de Carrière_ (1855-1886). Paris Plon, 1901.
D. — Le règne de Tewfick. Deux ouvrages sur la révolution de 1881-1882
se recommandent par leur solide documentation, bien qu’ils ressemblent
plutôt à des mémoires qu’on lirait avec intérêt, mais aussi avec
précaution :
BLUNT (W.-S.). _Secret history of the english occupation of Egypt, being
a personal narrative of events_, 2e éd., in-8o, 1907.
BROADLEY. _How we defended Arabi and his friends_, in-8o, 1884.
II
Nous donnons ici le nom d’autres ouvrages ou documents indispensables
pour la compréhension de la question. Tout d’abord, la lecture de
journaux comme le _Times_ et le _Progrès Egyptien_ s’impose. On y trouve
maints commentaires sur les événements.
AUDOUARD (Mme Olympe). _Les mystères de l’Egypte dévoilés_, in-16, 1865.
GELLION DANGLAR (E.). _Lettres sur l’Egypte contemporaine_, 1865-1875,
in-8o, 1876.
LEON (E. De). _The Khedive’s Egypt’s or, the old house of bondage under
new masters_, in-8o, 1877.
LANE-POOLE (Stanley). _Egypt_, in-16, 1881.
BEMMELEN (P. van). _L’Egypte et l’Europe_, par un ancien juge mixte, 2
vol. in-8o, 1882.
BIOVÈS (A.). _Français et Anglais en Egypte_ (1881-82), in-8o, 1916.
MALORTIE (K. von). _Egypt : native rulers and foreign interference_,
in-8o, 1883.
MOBERLY BELL. _Khedives and Pashas, by one who knows them well_.
Londres, 1884.
LORD CROMER. _Modern Egypt_.
MILNER (A.). _England in Egypt_, in-8o, 1892 (traduit en français :
L’Angleterre en Egypte. Plon, 1898).
CHAILLÉ-LONG. _L’Egypte et les Provinces perdues_, 1899.
PENSA (H.). _L’Egypte et le Soudan égyptien_, 1895.
STODDARD (Lothrop). _Le Nouveau Monde de l’Islam_, in-8o, Payot, 1923.
BORELLI (Octave). _La Législation égyptienne annotée_. Le Caire, 1892.
_Documents et extraits de journaux relatifs aux affaires d’Egypte_,
1881.
_Manifeste du parti national égyptien_, traduit de l’original, 4 nov.
1879. (A la Bibliothèque Nationale, cote : 03 b. 516.)
HOLYNSKI (Alexandre). _Nubar Pacha devant l’histoire_, in-8o, 1885.
FREYCINET (De). _Souvenirs_ (1878-1895).
FREYCINET (De). _La Question d’Egypte_, in-8o, 1905.
SAMUEL BAKER. _The Egyptian Question_. Londres, 1884.
KUSSEL (De). _An Englishman’s recollections of Egypt_, 1863 to 1887,
in-8o, 1915.
PENFIELD (F.-C.). _Present-day Egypt_, in-8o, 1899.
FARMAN (E.). _Egypt and its betrayal_ : an account of the Country during
the periods of Ismaïl and Tewfick Pashas, and of how England acquired a
new empire, in-8o, 1908.
DUSE MOHAMMED. _In the land of the Pharaohs. A short history of Egypt
from the fall of Ismaïl_, in-8o, 1911.
ABOUT (Edmond). _Le Fellah. Souvenirs d’Egypte_, in-8o, 1869.
COCHERIS (J.). _Situation internationale de l’Egypte et du Soudan_,
in-8o, 1903.
RHONÉ (Arthur). _L’Egypte à petites journées. Le Caire d’autrefois_,
in-8o, 1877.
NINET (John). _Au pays des Khedives_. Plaquettes égyptiennes, in-16,
1889.
PERRIÈRES (C. des). _Un Parisien au Caire_, in-16, Le Caire, 1873.
NINET (John). _Arabi Pacha_, in-16, 1884.
DICEY (E.). _The story of the Khedivate_, in-8o, 1902.
III.
DOCUMENTS INEDITS
_Mémoires d’Arabi Pacha._
_Mémoires de Mohammed Abduh._
_Notes de Mohammed Abduh._
[Note 249 : On peut consulter cette bibliographie à la Bibliothèque
Nationale de Paris ou à la Bibliothèque de la Faculté de droit.]
=TABLE DES MATIÈRES=
* * * * *
Pages
AVANT-PROPOS 1
INTRODUCTION 5
CHAPITRE PREMIER
LES FINANCES DU KHÉDIVE 17
CHAPITRE II
L’ŒUVRE D’ISMAIL 66
CHAPITRE III
L’OPINION PUBLIQUE 96
CHAPITRE IV
IMPERIUM IN IMPERIO 165
CHAPITRE V
LA RÉVOLUTION 188
CONCLUSION 226
BIBLIOGRAPHIE 231
APPENDICE
* * * * *
=Mémoire d’Arabi-Pacha=
A SES AVOCATS
Octobre 1882
[Décoration]
INTRODUCTION
Ce plaidoyer présenté, sous forme de mémoire, par Arabi-Pacha à ses
avocats, n’a pas été publié en arabe. Tout au plus en trouve-t-on
quelques extraits dans l’ouvrage de Sirhank pacha, intitulé : _Tarikh
Doual-El-Bihares_ (Histoire des puissances maritimes).
M. A. Broadley, l’avocat chargé par M. Wilfrid Scawen Blunt de défendre
Arabi et ses compagnons, en donna dans la _Nineteenth Century_ de
décembre 1882, un résumé intitulé : _Instructions to my Counsel_. Il
écrivait à ce propos : « Au cours d’une entrevue, le dimanche 22
octobre, Arabi proposa de nous faire un exposé écrit de son cas. Il se
mit à le rédiger, le même jour, sans s’aider de mémoires ou de documents
quelconques. Il acheva le travail le soir du samedi suivant et le
signa : Ahmed Arabi, l’Egyptien. Un résumé de la traduction de
l’original — qui est en langue arabe — est ce que je puis à présent
offrir au public. »
Malheureusement, le résumé donné par M. Broadley dans la revue en
question ne répondait pas à l’attente générale. Il dénote chez le
traducteur une connaissance superficielle de la langue arabe. Le texte
anglais est parfois en contradiction avec le texte arabe, et la relation
d’Arabi s’en trouve déformée et comme mutilée[250].
Nous nous devions à nous-même et nous devions à la vérité de rétablir,
avec le seul souci de l’exactitude, le texte de cet exposé, ou plutôt
_la pensée d’Arabi dans son intégralité_. Pour y arriver, nous n’avons
pas hésité, en attendant la publication de l’original, que nous nous
proposons de faire ultérieurement[251], à élaguer un peu la forme, en
certains endroits, afin d’éclaircir cette pensée et de la rendre
intelligible au génie français fait de clarté.
Ce mémoire est d’autant plus intéressant qu’il soulève certains coins de
voile. Non seulement Arabi y est peint sur le vif par lui-même, mais on
y retrouve encore l’atmosphère de ces événements mémorables.
Ce récit sincère, entaché parfois de quelques inexactitudes et mal
écrit, nous montre l’homme qui semblait être le maître des destinées de
l’Egypte tel qu’il était, non pas illettré, ou simple aventurier
militaire, mais humanitaire trop confiant dans les hommes, altéré de
justice et d’idéal, peu au courant de la diplomatie, d’une culture assez
rudimentaire, mais intelligent et suffisamment doué de bon sens.