C'est dans la Flandre belge que la bataille a pris le pins d'ampleur, la
défense de l'étroit chenal de l'Yser canalisé, la lutte sur la chaussée
d'Ostende à Nieuport, au pied de la dune littorale, eurent un caractère
effroyable. La flotte anglaise et quelques petits navires français ont
participé à la lutte en écrasant de leurs feux les Allemands parvenus
dans les stations balnéaires, si coquettes hier encore, qui se succèdent
d'Ostende à la frontière française. Middelkerke, Westende, Lambaertzyde,
Nieuport-Bains, furent le théâtre de rencontres violentes entre l'armée
belge et les Allemands, dont les masses offraient une cible aux canons de
marine, grâce aux reconnaissances par les ballons captifs et les
hydravions des Anglais. Les plages furent couvertes de cadavres. C'est à
partir du 22 et du 23 surtout que cette coopération de la flotte
s'affirma.
Le 19, lutte sur tout le cours de l'Yser et le canal d'Ypres; le 20,
violentes rencontres de Nieuport à Dixmude et d'Ypres à Menin; le 21, le
choc s'étend jusqu'à Warnêton et se poursuit le 22 avec la même violence;
le 23, les Belges sont ramenés du Nord de Dixmude sur la ville, mais les
Anglo-Français refoulent l'ennemi au Nord-Est d'Ypres et commencent à se
diriger vers Roulers, qu'ils devaient atteindre, perdre et reprendre. Sur
la côte, la flotte écrase les Allemands; des monitors de rivière embossés
dans l'Yser maritime participent à la bataille. Le 24, a lieu la
traversée de l'Yser par l'ennemi en un lieu non précisé entre Nieuport et
Dixmude, succès suivi d'une destruction partielle des Allemands par les
Anglais. Le 25, continuation de ces farouches assauts; Nieuport,
bombardé, résiste vigoureusement. Sur aucun point les lignes alliées ne
sont forcées. Le 26 et le 27, mêmes infructueux efforts de la part des
Allemands tandis que nous nous maintenons près de Roulers et avançons
même. Et les Belges progressent au Sud de Dixmude.
Le 28, l'acharnement de l'ennemi semblait s'apaiser sur ce front; par
contre nous continuions à avancer au Nord et à l'Ouest d'Ypres.