En 1834[19] Hokousaï illustre le _Yéhon Tchûkiô_, DEVOIRS ENVERS LE MAÎTRE,
texte chinois avec commentaires de Ranzan.
[Note 19: À la date présumée de cette année, auraient paru en feuilles
séparées:
Une série d'écrans, avec le titre dans un médaillon.
Une série intitulée _Skôkei-Kiran_, VUES PITTORESQUES DES PAYSAGES
DISTINGUÉS, série tirée en bleu clair, où se rencontre une curieuse
vue d'un bain public sur une route.
Une série intitulée _Shôkei Sétsou guekkura_, VUES DISTINGUÉES DE LA
NEIGE, DE LA LUNE, DES FLEURS. Série probablement de 9 feuilles en
largeur, dont 3 pour la Neige, 3 pour la Lune, 3 pour les Fleurs.
Jolie coloration. Série, qui aurait été précédée deux ans avant, en
1832, de Ruikiù Hakkei, réunion de huit paysages, d'une facture un peu
maigriote.]
Un volume de morale, tout rempli d'exemples d'héroïsme et d'abnégation,
et où une planche représentant des courtisans saluant un roi donne une
idée du respect des fronts et des échines courbés, en cette patrie de la
vénération.
Les gravures, à l'incision à la fois très douce et très nette, sont de
Souguita Kiûsouké.
En 1834 Hokousaï illustre le _Yéhon Kàkiô_, LA PIÉTÉ FILIALE, un ancien
traité de morale chinoise entré dans l'éducation japonaise: un traité
publié en deux volumes, avec texte chinois et japonais.
La première planche portraiture Confucius, la seconde son disciple
bien-aimé Sôshi.
Une planche curieuse, c'est la figuration des quatre classes du Japon
représentées par un membre de la première classe, un guerrier en train
de lire un livre posé sur un pupitre;--un membre de la seconde classe,
un paysan, en train de lire un livre attaché à sa bêche;--un membre de
la troisième classe, un ouvrier, un graveur, faisant sauter à coups de
maillet des morceaux de bois d'une planche qu'il entaille;--un membre
de la quatrième classe, un marchand, un libraire faisant ses comptes.
Puis, un peu à la diable à travers l'illustration, ce sont des tireurs,
des jongleurs, des danseuses, au milieu desquelles se trouve, comme
dernière planche, une composition tout à fait amusante: une grande lettre
ayant l'air d'un monument de pierre et en forme d'une croix à double
branche sur laquelle sont montés, grimpés, accrochés, un tas de petits
bonshommes qui, dans toutes les attitudes, la nettoient, la grattent, la
brossent, l'inondent de l'eau d'une pompe.
Cette grande lettre, c'est le caractère signifiant la piété, et ce
nettoyage veut dire qu'on doit _nettoyer sa piété_, ainsi que nous disons
chez nous qu'il faut garder sa conscience pure.