XL

En 1833 Hokousaï publie _Tôshisén Yéhon_, LES POÉSIES (de la dynastie)

DES THANG.

La première série, éditée en cinq volumes, comprend les poésies chinoises,

en cinq caractères chinois par ligne, littéralement cinq mots.

La seconde série, éditée également en cinq volumes, et parue en 1836,

contient le recueil des poésies en sept mots par ligne.

Un sujet d'étonnement pour les Chinois, c'est l'exactitude avec laquelle

Hokousaï, qui n'a jamais été en Chine, s'est assimilé le costume, le port

du corps, le caractère de la tête des habitants du Céleste Empire.

Ces dix volumes contiennent des dessins du meilleur temps d'Hokousaï:

ainsi la femme chinoise dans le somptueux luxe de ses robes; ainsi une

carpe panachée monumentale, qui a la puissance et la solidité d'un dessin

fait d'après une sculpture; ainsi un amusant croquis de trois ivresses:

l'ivresse de l'ivrogne qui rit, l'ivresse de l'ivrogne qui se fâche,

l'ivresse de l'ivrogne qui pleure.

Mais peut-être, parmi ces dessins, les plus réussis, ce sont des croquis

rendant, d'une manière fidèle, l'admiration de la nature chez ces peuples

de l'Orient: des renversements, la tête en arrière, d'hommes couchés,

appuyés sur leurs coudes; des rêveries en face de paysages, d'hommes

debout, les mains dans les manches de leurs bras, derrière le dos.

Parmi ces planches admiratives, il est une vue de dos d'un homme, appuyé

sur la traverse d'une baie qui donne sur un lac, disant toute la

jouissance intérieure de cet amoureux de la nature.

Hokousaï L'art japonais au XVII Siècle · 第 52 / 154 题