XI. Un faucon sur une branche de chêne, une patte rebroussée contre lui
dans un mouvement de prise de vol, avec le regard d'un oeil qui semble
percevoir une proie dans le ciel.
XII. Un faisan qui s'épouille au milieu des traces que ses pattes ont
laissées sur une terre rouge.
XIII. Deux canards mandarins, dans des mouvements de nage où le dessin
cartilagineux de leurs pattes semble exécuté par un dessinateur
spécialiste du canard.
XIV. Un renard fuyant dans une fuite où est exprimé le détalement sournois
de la bête avec l'inquiétude du regard.
XV. Deux lapins, un lapin jaune à l'oeil noir, un lapin blanc à l'oeil
rouge.
Une étude amusante de ces animaux affectionnés par les Japonais qui,
par des croisements, cherchent à en faire des animaux phénomènes, comme
longueur des oreilles, comme couleur des yeux, si bien que le gouvernement
a frappé ces animaux, il y a une dizaine d'années, de l'imposition d'un
dollar. La peinture les représente d'habitude, sous un rayon de lune,
comme dans le rayonnement d'une lumière natale: les taches qu'on y
aperçoit étant formées, dans l'imagination japonaise, par deux lapins, et
encore aujourd'hui les gens du peuple croient que deux lapins, exposés
la nuit dans une cage aux rayons de la lune, on ne les retrouve pas le
lendemain, délivrés qu'ils sont par l'intervention de leurs confrères de
là-haut.
Citons du _Shashin Gwafou_ un exemplaire d'un tirage extraordinaire
rapporté en Europe par Siebold, et peut-être acheté à Hokousaï en
personne. Siebold avait rapporté six exemplaires, dont quatre ont été
donnés aux bibliothèques de Paris, de Vienne, et deux étaient conservés à
La Haye. M. Gonse a été assez heureux de pouvoir en obtenir un, par suite
d'un échange.