En 1806, à la suite du bruit qu'avait fait l'improvisation en public d'une
grande peinture d'un Darma par Hokousaï, deux ans auparavant, il venait au
shôgoun de Tokougawa la curiosité de le voir travailler.
Donc un jour d'automne, au retour d'une chasse au faucon, le shôgoun le
faisait appeler devant lui et s'amusait à lui voir exécuter des dessins.
Puis, tout à coup, Hokousaï couvrant la moitié d'une immense bande de
papier d'une teinte d'indigo, faisait courir dessus des coqs aux pattes
plongées dans de la couleur pourpre, et le prince étonné avait l'illusion
de voir la rivière Tatsouta, avec ses rapides charriant dans leurs eaux
des feuilles pourpres de momiji.
L'intérêt de cette entrevue: c'est que sous les Tokougawa, jusqu'à ce jour,
un homme du peuple ne pouvait se présenter devant le shôgoun.