XXII

En 1806, à la suite du bruit qu'avait fait l'improvisation en public d'une

grande peinture d'un Darma par Hokousaï, deux ans auparavant, il venait au

shôgoun de Tokougawa la curiosité de le voir travailler.

Donc un jour d'automne, au retour d'une chasse au faucon, le shôgoun le

faisait appeler devant lui et s'amusait à lui voir exécuter des dessins.

Puis, tout à coup, Hokousaï couvrant la moitié d'une immense bande de

papier d'une teinte d'indigo, faisait courir dessus des coqs aux pattes

plongées dans de la couleur pourpre, et le prince étonné avait l'illusion

de voir la rivière Tatsouta, avec ses rapides charriant dans leurs eaux

des feuilles pourpres de momiji.

L'intérêt de cette entrevue: c'est que sous les Tokougawa, jusqu'à ce jour,

un homme du peuple ne pouvait se présenter devant le shôgoun.

Hokousaï L'art japonais au XVII Siècle · 第 33 / 154 题