HOKOUSAÏ MANGWA,

dont la traduction littérale est _Man_: au gré de l'idée; _gwa_,

dessin, et la traduction serait peut-être: «_le dessin tel qu'il vient

spontanément_.»

La _Mangwa_, cette profusion d'images, cette avalanche de dessins, cette

débauche de crayonnages, ces quinze cahiers où les croquis se pressent sur

les feuillets, comme les oeufs de la ponte des vers à soie sur une feuille

de papier, une oeuvre qui n'a pas de pareille chez aucun peintre de

l'Occident! La _Mangwa_, ces milliers de reproductions fiévreuses de ce

qui est sur la terre, dans le ciel, sous l'eau, ces magiques instantanés

de l'action, du mouvement, de la vie remuante de l'humanité et de

l'animalité, enfin, cette espèce de délire sur le papier du grand _fou de

dessin_ de là-bas!

Alors tout de suite, le premier volume entr'ouvert, dans ces libres

croquis où un peu de rose fait la chair, un peu de gris les demi-teintes

sur le papier crème, des enfants, des enfants, des enfants, dans tous

leurs jeux, leurs amusements, leurs poses, leurs gamineries, leurs gaietés;

puis les dieux, les génies, les prêtres bouddhistes et sinthoïstes,

moqués en mille petites caricatures rieuses; puis tous les métiers, toutes

les professions dans le travail, et l'exercice de la profession; puis le

monde des faiseurs de tours de force en l'effort de l'adresse et de la

force; et encore des Japonaises dans les gracieux accroupissements de leur

vie à quatre pattes, dans les coquetteries de leur toilette, dans les

anatomies de leurs sveltes personnes aux bains; et encore le Japonais

dormant, réfléchissant, priant, lisant, jouant, pérorant, s'éventant,

cuisinant, se grisant, se promenant, cavalcadant, pêchant à la ligne, se

battant, en un rendu de tous ces actes de la vie, spirituel, joliment

ironique; et encore tous les animaux, même ceux que ne possède pas le

Japon, comme l'éléphant et le tigre, et tous les oiseaux, et tous les

poissons, et tous les insectes, et toutes les plantes: voici ce qui

remplit les cinquante feuilles de ce premier volume dont la première

planche représente le couple Takasago, le type du vieux ménage parfait

au Japon, la femme portant un balai pour balayer les aiguilles des pins,

l'homme une fourche pour les ramasser.

À la fin de ce premier volume paru en 1812, Hokoutei Bokousén (l'artiste à

la conversation qui a fait naître la _Mangwa_) et Hokou-oun (qui deviendra

le professeur d'architecture du Maître), dont la collaboration a consisté

tout simplement à fac-similer les dessins réduits d'Hokousaï, se déclarent

les élèves du Maître.

Le second volume de la _Mangwa_ paraît seulement en 1814, deux ans après

la publication du premier volume, avec une préface de Rokoujuyén, et la

collaboration pour le fac-similé des dessins de Toyenrô Bokousén et de

Todoya Hokkeï, qui deviendra le meilleur élève et approchera le plus du

talent de Hokousaï.

Dans la multiplicité des motifs, c'est toujours la même variété, une page

de métiers à côté de supplices de l'Enfer bouddhique; une page entière

d'attitudes de femmes en face d'une page d'attitudes d'hommes; une page

de masques en face d'une page d'ustensiles de ménage; enfin une page

de morceaux de rochers pour décors du jardinage, en ce pays de jardins

pittoresques où les morceaux de rochers se payent plus cher qu'en aucun

lieu de la terre, en face d'une page d'animaux fantastiques qui mangent

les mauvais rêves.

Le troisième volume paraît l'année suivante, en 1815, avec une préface

de Shokousan qui jette carrément à l'eau la vieille école et déclare que

les anciens artistes, qui ont illustré les manuscrits de Quénji, doivent

céder la place aux artistes des _images rouges_ (les dessins de l'École

vulgaire).

Plusieurs planches de ce volume représentent les durs et laborieux travaux

de l'industrie minière. Viennent après deux amusantes doubles planches:

l'une consacrée à la lutte, vous faisant assister à ces empoignements

colères, à ces musculeux corps à corps, à ces broiements de torses, à ces

brusques déracinements du sol, à ces culs sur tête d'un vaincu jeté à bas;

l'autre vous montrant des danseurs dans toute l'épilepsie d'entrechats

d'une danse endiablée. Suivent les portraits préhistoriques des deux

premiers rois de la Chine, une bande de nègres drôlatiques, à l'aspect

d'ombres chinoises, trouvés dans l'imagination d'Hokousaï; et en face l'un

de l'autre, la figuration du dieu du Tonnerre figuré dans un nimbe formé

de tambourins, et du dieu du Vent, tenant fermées de ses deux mains, sous

son menton, les deux ouvertures de l'outre des vents qu'il a sur le dos.

Le titre de ce volume, toujours gravé en ces belles grosses lettres

ornementales de la Chine qui ont l'air de morceaux de jade sculpté, et

dans un cadre que soutiennent sur leurs cous deux petits Japonais à la

figure rieuse sous les houppes de leur front et de leurs tempes, et c'est

un charmant frontispice.

Le quatrième volume paraît l'année suivante, en 1816, avec une préface

d'Hôzan. Ce volume est tout plein de sujets de l'histoire mythologique et

préhistorique. On y voit Kintoki chassant un diable; on y voit le dragon à

neuf têtes venant boire aux neuf coupes où il trouvera la mort; on y voit

un sennin chevauchant une carpe monstrueuse, etc., et au milieu de cela

des planches de légumes, des planches d'herbes, des planches de branches

d'arbustes en leurs tons roses et gris, d'une douceur d'impression

inexprimable. Deux feuilles curieuses sont deux feuilles d'hommes et de

femmes barbotant joyeusement, se soutenant dans l'eau avec des appareils

natatoires, nageant, plongeant, détachant des plantes marines, prenant des

poissons à la main.

La dernière planche représente un homme et une femme, gras à lard,

aux bajoues tombantes, au ventre redondant, qui ont sur la figure

le gaudissement canaille de ce qu'ils vont trouver à manger dans une

marmite dont le mari soulève le couvercle; c'est le bon ménage aux joies

crapuleuses de la basse classe, le bon ménage _Wagôjin_, le ménage en

opposition avec le ménage Takasago, le ménage de l'homme à la fourche,

de la femme au balai.

Le cinquième volume paraît, l'été de cette même année 1816, avec une

préface de Rokoujuyén.

Un volume qui est presque un cours d'architecture, et qui débute par

les portraits en costume officiel, et la planchette de leur nomination à

la main, de Tatihoo-no-mikoto et de Amano-hikosati-no-mikoto, les deux

premiers architectes qui ont appris aux Japonais l'art de construire

des temples, des châteaux, des habitations, et c'est suivi de _tori-i_,

d'une tour à la grosse cloche, de la bibliothèque hexagonale et tournante

inventée par le prêtre Foudaï, de l'entrée du bâtiment où sont enfermés

les livres bouddhiques, de toits ornementés de bonzeries. Parmi ces

planches, une composition curieuse est une demande faite au ciel par un

homme tout au haut du pic d'une montagne, les deux mains réunies dans un

geste de prière autour d'un bâton au bout duquel est sa demande sur une

bande de papier que le vent soulève dans l'air. Et le volume se termine

par la représentation de personnages mythiques et historiques, comme la

déesse Ousoumé, comme Saroudashiko, le dieu qui a rendu la lumière à la

terre, comme le guerrier chinois Kwan-on qui est en adoration en Chine et

dont l'image se rencontre dans les plus pauvres intérieurs.

En la même année 1816 paraît encore le sixième volume qui a pour

frontispice un arc symbolique sur lequel la flèche est tendue par deux

dragons.

Ici les exercices du corps, dans un prestigieux rendu du déploiement de

la force et de l'adresse. Ce sont d'abord les tireurs d'arc, et le tirage

de l'arc à la hauteur de l'oreille au-dessus de la tête, en bas de la

ceinture, avec une dernière planche donnant les détails de l'arc, du gant

de cuir, du canard en bois servant de cible. Après les lutteurs, les

cavaliers, et le trot, et l'amble, et le galop, et le mors aux dents de

ces petits chevaux chevelus, à l'aspect de larves, sous le cavalier en

selle, et toujours avec une dernière planche donnant la selle ornée,

les guides, les lourds étriers. Mais la merveille de ce volume, comme

figuration d'un corps humain en mouvement, c'est l'étude de l'escrime

pour la lance ou le sabre, où soixante-douze petits croquis d'homuncules,

et une vingtaine de plus grands vous mettent, comme sous les yeux, les

avances, les retraites, les torsions de corps, la volte des pieds, les

parades, les ripostes de ce simulacre de la guerre. Une planche, tout

entière de bras et de mains, indique la manière de s'empoigner dans une

lutte à main plate. Enfin, des planches reproduisent le maniement des

lourds mousquets introduits par les Hollandais, et même Hokousaï, dans

une note, précise la date de leur introduction au Japon, qui est de

l'année 1542.

En 1816, paraît encore le septième volume de la _Mangwa_.

Un volume pour ainsi dire entièrement rempli de paysages, par le soleil,

le brouillard, l'orage.

Toujours en 1816 paraît le huitième volume, avec un titre fait à

l'imitation d'un morceau d'étoffe brodée.

En tête, la figuration de Waka-mousoubi-no-Kami, la femme qui a inventé

les tissus faits avec les fibres du bois, et près d'elle la princesse

Seiriô, la femme du roi, qui a eu l'idée de l'élevage de vers à soie,

2614 ans avant l'ère chrétienne et, à sa suite, des métiers à tisser, qui

ont tout l'air d'être dessinés par un ingénieur. Et soudain l'album saute

à des gymnastes faisant du trapèze autour d'un bambou, à des acrobates

jonglant avec un sabre, portant sur le front, au bout d'un long bâton,

un vase plein d'eau en équilibre, ôtant debout leur chapeau avec un pied,

buvant à la renverse une tasse de thé placée à terre derrière eux. Deux

planches de têtes d'aveugles sont de la plus frappante vérité. Et en

dernier lieu, des études sur les _gras_ et les _maigres_ d'une fantaisie

et d'un drôlatique à mourir de rire. Il faut voir ces massives Japonaises

en leurs lourdes promenades, les voir en l'avachissement de leurs charmes,

dans le sommeil ou dans le bain, il faut voir leurs pléthoriques

compatriotes dans l'essoufflement de la marche, dans l'épongement de la

sueur, dans l'effondrement et l'anéantissement de leur repos sur leurs

pesantes fesses. Et, la page des _gras_ retournée, vous êtes en présence

de ces torses que percent les côtes, de ces dos où se comptent les noeuds

de la colonne vertébrale, de ces cous décharnés, de ces bras étiques, de

ces jambes de phtisiques, de ces anatomies ridicules qui vous rappellent à

la fois les macabres et comiques écoles de natation de Daumier.

Il y a un intervalle de trois ans entre la publication du huitième et du

neuvième volume, qui paraît seulement en 1819.

Ce volume est plein d'anecdotes relatives à la vie intime de Kiyomori.

Cette voyageuse qui marche rapide à travers la campagne, se dirigeant vers

deux femmes à la porte d'une habitation, au loin, au loin, c'est Hotoké,

la maîtresse de Kiyomori, la plus belle et la meilleure danseuse de

son temps. Deux soeurs ont sollicité de danser devant Kiyomori et, par

bienveillance pour leur jeunesse et leur grâce, elle a fait accueillir

leur demande par son amant. Mais le prince s'est épris d'elles et a

voulu en faire ses maîtresses. Elles ont refusé et, pour se soustraire

à sa toute-puissance, elles se sont faites religieuses, et Hotoké,

reconnaissante de cette délicate conduite à son égard, va les rejoindre

dans leur couvent.

Plus loin encore, c'est le sensuel Kiyomori, en présence de la femme de

Minamoto, une main sous la joue, tristement réfléchissante dans une pose

d'accablement. Kiyomori a vaincu Minamoto et veut exterminer sa famille

dont il s'est emparé dans sa fuite et qui est composée de sa femme et de

ses trois enfants. Mais, au moment d'ordonner leur mort, il a la curiosité

de voir la femme de Minamoto et, soudainement séduit par sa beauté, il lui

demande de lui appartenir, ce à quoi elle se résigne sur la promesse qui

lui est faite que ses enfants seront épargnés. C'est ce marché qui fait le

sujet de l'estampe. Or, un jour, ces trois enfants vengeront leur père,

anéantiront la famille Taïra, et l'aîné des trois enfants sera Yoritomo,

le premier shôgoun de Kamakoura.

Une autre composition: c'est Okané, femme, à la réputation d'une force

herculéenne, qu'un musculeux guerrier a cru pouvoir arrêter dans sa marche

et qui, d'un bras tenant un barillet sur sa tête, continue à s'avancer

tranquillement, entraînant, de l'autre bras, l'homme aux deux sabres.

Et ce sont encore des représentations de musiciennes japonaises; d'une

année de bonne récolte, avec la joie et l'engraissement subit des paysans;

et, on ne sait pourquoi, le portrait d'un astronome hollandais.

La même année 1819 paraît le dixième volume avec une préface vantant la

persévérance dépensée par Hokousaï pour arriver à la publication de ces

dix volumes.

Des saltimbanques, des faiseurs de tours, des prestidigitateurs, des

équilibristes, des avaleurs de sabres, des vomisseurs d'essaims d'abeilles,

des thaumaturges se rendant la tête invisible.

Mais je ne veux décrire dans ce volume que deux compositions, deux

compositions d'un fantastique macabre dépassant tout ce que l'Europe a

imaginé en ce genre, et méritant bien à Hokousaï l'appellation de _maître

dessinateur des fantômes_. Ce sont deux apparitions de femmes mortes.

L'une, c'est Kasané, la femme laide, assassinée par son mari, qu'il

représente avec son front de foetus hydrocéphale, sous la broussaille de

ses cheveux, un oeil fermé et l'autre grand ouvert, où est une prunelle de

poisson cuit, le cartilage dénudé de son nez, ses mâchoires sans gencives,

entr'ouvertes dans un hiatus allant jusqu'aux oreilles, ses deux mains de

squelette rapprochées de sa tête dans le tressautement de la danse idiote

d'un naturel de la Terre-de-Feu. Une apparition à faire peur, regardée le

soir à la lueur d'une lampe.

L'autre apparition a l'apparence, dans le ciel ténébreux, d'une longue et

courbe et molle larve blanche enveloppée d'une chevelure; c'est l'âme de

la petite servante Okikou. Elle était dans une maison où il y avait dix

précieuses assiettes, et elle eut le malheur d'en casser une. Et le

propriétaire des assiettes adressa des reproches si durs à la fillette

qu'elle se jeta dans un puits. Or, depuis ce jour, elle revient toutes

les nuits au-dessus du puits et, de la maison où est le puits et des

maisons voisines, on l'entend dire, l'une après l'autre, les légendes

des assiettes, puis, arrivée à la dixième, à celle qu'elle a cassée, on

l'entend, cette fois, pousser un sanglot si déchirant, si déchirant que

le voisinage a dû charger un prêtre de la faire monter au ciel par ses

prières.

La _Mangwa_ semble terminée en 1819 avec le dixième volume, et quinze ans

se passent sans qu'il y soit donné une suite, quand, en 1834, il paraît

un onzième volume avec une préface dans laquelle Tanehiko dit: «que la

_Mangwa_ a été terminée au dixième volume, mais que les éditeurs avides

ont tellement pressé notre vieillard qu'il a consenti à reprendre son

pinceau, qu'il vient de dessiner ce volume qu'il se propose un jour

d'arriver au vingtième volume.»

Dans ce onzième volume, toujours la variété des premiers. Des poses, des

attitudes de la vie intime, des croquetons de gens assis ou en marche,

de gens dans la flâne ou l'effort du travail, de gens dans le calme des

passions ou les fièvres de la colère, des planches, des planches de gras

lutteurs, et des petits coins de paysages, et des modèles de canons et

de pistolets, et deux peintres peignant la jambe d'un Niô sculpté, d'une

dimension telle qu'elle semble le tronc d'un vieux chêne, et une Japonaise

disant la bonne aventure à un guerrier en laissant, selon la méthode de

là-bas, tomber son peigne à terre.

En la même année 1834 paraît le douzième volume.

Un volume très poussé à la caricature, où l'Olympe japonais est ridiculisé

à outrance, un volume de chutes ridicules, de nez interminables de Téngous,

sur lesquels se fait de la prestidigitation; de silhouettes, en ombres

chinoises, d'épouvantables vieilles; de figures de femmes devenues

monstrueuses, à travers une loupe posée sur leurs visages; d'allongements

de cous pendant le sommeil, qui, selon une superstition du Japon et des

îles Philippines, permettent aux têtes de ces possesseurs de cous d'aller

visiter des contrées et des planètes étrangères; de corps de naturels d'un

pays où les hommes ne sont possesseurs que d'un bras et d'une jambe, et où

ils sont accotés deux par deux.

Et même, pour aider à l'antithèse des sujets qu'il offre au public, il

arrive à Hokousaï de recourir parfois à la scatologie. Ainsi, dans le

onzième volume, nous voyons une Japonaise, retroussée jusqu'à la ceinture,

jeter à terre un de ses compatriotes par la violence d'un pet, et dans ce

douzième volume apparaît par la lucarne d'un étroit _privé_, le profil

péniblement contracté d'un _samouraï_ entre ses deux sabres remontés

au-dessus de sa tête, et au dehors trois Japonais se bouchant le nez avec

leurs doigts et leurs robes.

Le treizième volume paraît seulement en automne 1849, après la mort

d'Hokousaï, arrivée au printemps de cette année.

Dans le treizième volume: deux beaux dessins, la divinité Kwannon sur une

de ces carpes monumentales comme seul Hokousaï sait les dessiner, et un

tigre traversant une cascade au milieu de dessins représentant, dans la

montagneuse province de Hida, _la passe au panier_: un pont fait d'une

corde, le long de laquelle on se fait glisser à la force des bras; de

dessins représentant des modèles d'habitations rustiques; de dessins

représentant la préparation de ce melon qu'on dessèche et dont on fait

des soupes; de dessins représentant le décorticage du riz.

Le quatorzième volume, tout moderne, paraît seulement en 1875, et est

fabriqué avec des dessins laissés par Hokousaï après sa mort.

En dehors de quelques dessins divers, il ne contient pour ainsi dire que

des animaux, des animaux réels et des animaux fantastiques; c'est un chat

mangeant une souris, un chien aboyant à la lune, un renard dans la pluie,

des lions de mer, des chèvres, un écureuil mâtiné de chauve-souris, un

sanglier traversant une rivière, un ours dans la neige, des ânes, des

chevaux, un lion de Corée, un conciliabule de rats.

Le quinzième et dernier volume paraît en 1878 avec un avertissement où

l'éditeur dit que «propriétaire de tous les bois de la _Mangwa_, il a

été convenu avec Hokousaï, avant sa mort, qu'on poursuivrait jusqu'au

quinzième volume, et qu'il a fait graver les dessins destinés à la

publication, qui ne l'étaient pas». Mais l'éditeur ment, car la plupart

des dessins qui ont une valeur sont repris au volume intitulé: _Hokousaï

Gwakiô_, MIROIR DES DESSINS D'HOKOUSAÏ.

Les dix premiers volumes, en leurs tirages primitifs, et lorsque les bois

sont à Yédo, ont pour éditeurs trois éditeurs de cette ville et un éditeur

de Nagoya; à partir du dixième volume les bois sont cédés à l'éditeur

Yeirakouya de Nagoya.

Un seul volume, le douzième, porte le nom du graveur, et ce graveur est

Yégawa Tomékiti.

Hokousaï L'art japonais au XVII Siècle · 第 32 / 154 题