XIV

La même année, en 1800, Hokousaï illustre les trois volumes de _Soumida

gawa Riôgan itiran_, COUP D'OEIL SUR LES DEUX RIVES DE LA SOUMIDA, un

panorama des deux rives pouvant se déplier. Dans le premier volume,

c'est à Takanava la vue de la baie où l'on voit contre le vieux mur des

fortifications de Yédo, à la porte d'une maison de thé improvisée sous

des nattes attachées à des bambous, une _mousmé_ invitant les passants

à se rafraîchir. Puis, en remontant la rivière, en face de l'île de

Tsoukoudajima, ce sont des enfants enlevant un cerf-volant près d'un

porteur de ballots de ouate, de cette ouate dont la mariée se voile le

visage dans les cérémonies du mariage. A Ohhashi, une femme, à demi

couchée sur un grand banc, prend le frais avec ses enfants.

Dans le second volume, voici le pont de Riôgokou, qui joint les deux rives

de la Soumida, et que traverse une foule compacte au-dessus de laquelle

s'élèvent les lances de l'escorte d'un daïmio. Plus loin, à Shubino Matzou,

d'élégantes femmes en bateau pêchent à la ligne, avec des hameçons en

forme de tridents. A Ohkavabashi, un saltimbanque fait des tours de force

devant des enfants.

Dans le troisième volume, c'est la toiture élancée du temple d'Asakousa

dans une nuée volante de corbeaux. Plus loin, toujours en remontant la

rivière, nous sommes sur la colline Mattiyama d'où l'on découvre la

campagne paysanne et maraîchère de Katsoushika. Enfin nous voilà à

Invinado, le quartier de la tuile et de la céramique. Là, nous abandonnons

la Soumida, et Hokousaï nous mène à l'entrée du Yoshiwara et nous promène

devant les maisons aux grilles de bois, et dans les rues tout égayées de

la musique des flûtes et des tambourins, la veille du Jour de l'An.

Car ce spectacle des deux rives de la Soumida, Hokousaï le commence au

printemps d'une année et l'achève à la fin de cette année.

Hokousaï L'art japonais au XVII Siècle · 第 24 / 154 题