IV

Le travail de son bureau accompli, suivons l’Empereur traversant les

appartements des Tuileries pour se rendre chez l’Impératrice. Il s’en

va, fredonnant, de la voix la plus fausse qui se puisse rêver, ses

refrains favoris, d’un goût peu relevé, tels que:

Ah! c’en est fait, je me marie;

ou bien:

Non, non, s’il est impossible

D’avoir un plus aimable enfant.

Quand, sur son passage, il rencontre des personnes attachées au service

général du palais, il ne leur montre pas moins d’urbanité qu’à celles de

son propre service. «Toujours extrêmement poli envers tout le monde,

affirme Mlle Avrillon, il ne recevait de qui que ce soit le moindre

service sans remercier, et n’appelait jamais ses valets de chambre

autrement que monsieur. Quand il traversait la salle où ils se tenaient,

il ne passait jamais devant eux sans les saluer. Il en était de même

quand l’Empereur venait chez l’Impératrice; il ne nous parlait jamais

qu’avec beaucoup de politesse et souvent avec bienveillance.» Même

témoignage chez la générale Durand, disant: «Il était aimable et bon

pour tous ceux qui l’entouraient.»

Cette bonté n’était pas seulement superficielle, elle faisait partie

d’un ensemble de principes rapportés par Napoléon du foyer natal, où,

comme sous l’ancienne coutume, les gens de service étaient l’objet de la

sollicitude des maîtres. «Il prenait un tel intérêt à tout ce qui tenait

à sa maison, qu’une fois qu’on y était attaché, personne, pas même un

homme de peine, ne pouvait être renvoyé sans son autorisation; il

fallait qu’on lui fît un rapport...»--«Songez bien, spécifiait-il en

propres termes à Duroc, le grand maréchal du palais, qu’un homme ne doit

pas être renvoyé légèrement de chez moi; ce serait une flétrissure;

ensuite, il ne trouverait à se placer nulle part...»--«Si, conformément

aux règles de l’étiquette, il envoyait ostensiblement un de ses

chambellans demander des nouvelles d’un grand personnage malade, il

envoyait aussi, par intérêt, par suite d’une affection vraie, s’informer

de la santé des personnes de son service intérieur.»

Chez l’Impératrice, Napoléon se montrait «aimable, gai, familier.

Assistant à sa toilette, il se plaisait à la tourmenter, à lui pincer le

cou et la joue. Si elle se fâchait, il la prenait dans ses bras,

l’embrassait, l’appelait grosse bête, et la paix était faite... Il

contrariait les premières dames en mille choses. Il arrivait souvent

qu’on lui tenait tête, il poussait la discussion et riait de bon cœur

lorsqu’il parvenait à fâcher nos jeunes personnes très franches et sans

usage, qui lui disaient des choses fort plaisantes par leur naïveté.»

Ainsi s’exprime la générale Durand, dame d’honneur de Marie-Louise. Au

temps de Joséphine, les manières ne différaient pas, si l’on en croit

une dame de cette dernière, Mlle Avrillon, nous montrant l’Empereur chez

l’Impératrice, après la cérémonie de son couronnement comme roi

d’Italie. «Il était d’une gaieté folle, il riait, il se frottait les

mains, et dans sa bonne humeur il m’adressa la parole:--«Eh bien!

mademoiselle, me dit-il, avez-vous bien vu la cérémonie? Avez-vous bien

entendu ce que j’ai dit en posant la couronne sur ma tête?»--Il répéta

alors, presque sur le même ton qu’il l’avait prononcé dans la

cathédrale:--«Dieu me l’a donnée, gare à qui y touche!»

Voudra-t-on voir malicieusement, dans ces récits, la vérité plus ou

moins tronquée par des gens fiers de paraître avoir été honorés de la

familiarité d’un grand homme? Bien qu’il soit difficile de mieux se

renseigner sur le caractère d’un homme qu’auprès des serviteurs

attachés, nuit et jour, à sa personne, on peut encore s’éloigner de la

sphère étroite où se mouvaient les narrateurs précédents et recueillir

d’autres témoignages, singulièrement confirmatifs. Ainsi, après les

valets de chambre, après les secrétaires, après les dames d’honneur,

bien placés pour savoir, voici le duc de Vicence disant dans ses

_Souvenirs_: «Ce qui n’est pas moins surprenant, c’est la facilité avec

laquelle, dans son intérieur, il redevient bourgeois, bonhomme presque.»

Voici M. de Bausset: «J’ose affirmer, dit-il, qu’il y a peu d’hommes,

dans leur vie intérieure, qui aient eu plus d’égalité de caractère, et

plus de douceur dans les manières.» En voici d’autres non suspects de

sympathie; voici Bourrienne, qui a plutôt intérêt à contester les

qualités de Napoléon, pour expliquer ses disgrâces, et qui déclare

cependant: «Dans l’habitude de la vie privée, il avait, oui, le mot

n’est pas trop fort, il avait de la bonhomie et beaucoup d’indulgence.»

Enfin le prince de Metternich, qui ne sera pas taxé de courtisanerie,

assure que «dans la vie privée, Napoléon était simple et souvent même

coulant... il poussait souvent même l’indulgence jusqu’à la faiblesse».

Toutes ces dépositions, si imposantes par la compétence de leurs

auteurs, par la diversité de leurs origines et par la similitude de

leurs conclusions, n’existeraient-elles pas encore, que les faits

matériels, ineffaçables ceux-là, suffiraient à prouver les bons procédés

de Napoléon pour son entourage immédiat.

Depuis 1801 jusqu’en 1814, l’Empereur a toujours eu le même valet de

chambre, Constant Wairy, qui perdit son emploi à Fontainebleau, après

l’abdication, pour avoir détourné, à son profit, une somme de cent mille

francs appartenant à la cassette impériale. Il fut remplacé par

Marchand, qui assista Napoléon à son lit de mort à Sainte-Hélène.

L’Empereur, dans toute sa carrière, n’a eu que trois secrétaires

particuliers en titre, c’est-à-dire vivant dans un perpétuel contact

avec lui. Le premier fut son condisciple de l’École de Brienne; Napoléon

avait dix ans à peine quand il le connut. C’était Bourrienne dont le

renvoi fut motivé, on le sait, par ses tripotages éhontés. A Bourrienne

succéda Meneval, qui faisait déjà partie du cabinet et qui au bout de

neuf ans passa, pour des raisons de santé, du service de l’Empereur à

celui de l’impératrice Marie-Louise. Après Meneval, c’est le baron Fain

dont les fonctions de secrétaire du Directoire se continuèrent près de

Napoléon jusqu’en 1814. Tout près de lui, on trouve également jusqu’à la

dernière heure le trésorier de la liste civile impériale, M. Estève, le

même qui avait été chargé de la comptabilité par le général en chef de

l’expédition d’Égypte, et qui fut ensuite administrateur de la maison du

Premier Consul.

Nous concéderons facilement que ces hommes tenaient à leurs emplois.

Mais il ne suffit pas, pour demeurer au service de quelqu’un, de faire

soi-même tous les sacrifices possibles; il faut encore que le maître ne

soit pas un être fantasque et hargneux se livrant, à propos de rien, à

des excès de fureur dont le premier effet est, généralement, de chasser

des serviteurs qui seront remplacés sans le moindre embarras. Pour ces

fonctions, il devait exister autant de candidats qu’il y avait en France

d’hommes sachant tenir une brosse ou une plume.

Ce n’est pas encore tout. Prenez l’_Annuaire impérial_ de la fin du

règne; vous y retrouverez les noms de ceux qui, depuis le Consulat et

même avant, ont été les collaborateurs assidus de Napoléon, ont passé

leur vie, pour ainsi dire, dans son ombre. Ce sont: les Lebrun, les

Cambacérès, les Fouché, les Talleyrand, les Duroc, les Berthier, les

Junot, les Marmont, les Clarke, les Régnier, les Gaudin, les Decrès,

les Mollien, les Maret, les Lacuée, les Réal, les Regnauld

Saint-Jean-d’Angely, les Fontanes, les Ganteaume. Tous, enfin, depuis le

pédicure Tobias-Koën, rencontré déjà à Malmaison en 1801, et revu aux

Tuileries, en 1815, pendant les Cent-Jours, jusqu’au deuxième consul du

coup d’État de Brumaire, Cambacérès, devenu l’archichancelier de

l’Empire, tous, par leur présence ininterrompue, attestent

l’indiscutable exactitude des témoignages laissés par les secrétaires et

les domestiques qui ont représenté Napoléon, chez lui, comme un homme

régulier d’habitudes, facile à servir, plutôt paisible que violent,

c’est-à-dire l’antipode de l’être excessif, despotique, dénaturé, dont

on a fait le héros de ce qu’on pourrait appeler la légende _noire_

napoléonienne.

V

Les plaisirs de la table n’existaient pas pour l’Empereur. Par suite de

son invariable sobriété, les mets les plus simples, tels que «les _œufs

au miroir_ (œufs sur le plat), les haricots en salade, presque jamais de

ragoûts, un peu de fromage de parmesan, arrosés de chambertin étendu

d’eau, étaient ceux qu’il aimait le mieux». «En campagne et en marche,

écrivait-il à Duroc, son grand maréchal du palais, les tables, même la

mienne, seront servies avec une soupe, un bouilli, un rôti et des

légumes, point de dessert.» Douze minutes étaient le temps consacré à

Paris pour le dîner, que l’on servait à six heures. Napoléon se levait

de table et laissait l’Impératrice avec les autres convives continuer le

repas à leur guise. Son déjeuner, qu’il prenait seul à neuf heures et

demie, ne durait pas plus de huit minutes. On le servait sur un guéridon

d’acajou sans serviette. «Les courts instants de son déjeuner,

lisons-nous, étaient ceux où il était le moins empereur et le plus

homme.» «S’il avait du temps à lui, il recevait alors des personnes

auxquelles il avait accordé cette faveur, telles que Monge, Berthollet,

Costaz, Denon, Corvisart, David, Gérard, Isabey, Talma, Fontaine. Sa

conversation était gaie, pleine d’abandon, d’intérêt, de charme.»

C’était alors qu’il causait familièrement avec les officiers de sa

maison qui le servaient; il leur faisait nombre de questions sur ce

qu’on lui donnait: «Où a-t-on acheté cela? Combien cela coûte-t-il?» Et

quand on lui avait répondu, il disait très souvent: «Cela était beaucoup

moins cher quand j’étais sous-lieutenant, je ne veux pas payer plus cher

qu’un autre.» A ce trait, il serait plus facile de reconnaître un

modeste hobereau, dépensant ses pauvres petites rentes, avec une pointe

de méfiance bourgeoise, que le puissant empereur maniant à son gré, pour

ainsi dire, la moitié des revenus de l’Europe, pouvant, à sa guise,

détrôner un roi et s’approprier sa liste civile!

Dans son étrange et presque inconcevable parcimonie, l’égoïsme ne joue

aucun rôle. Il n’est nullement possédé de la passion de thésauriser.

Personne n’a récompensé plus généreusement les services rendus à la

patrie. Il a distribué des dotations s’élevant à des sommes fabuleuses.

Davout, pour n’en citer qu’un, avait été gratifié de 1 800 000 fr. de

rente. Mais dépenser le moins possible, en homme qui connaît la valeur

de l’argent, ne pas être pris pour dupe dans les règlements de compte,

c’étaient les deux marottes de Napoléon; on les retrouve à toutes les

époques de sa vie. Sous le Consulat, à peine arrivé aux Tuileries, il

dit à Rœderer: «Savez-vous ce qu’on me demande pour mon établissement

aux Tuileries? Deux millions! Ce sont des voleurs. Aussi ai-je défendu

qu’on me représentât les mémoires avant qu’ils fussent réduits à 800 000

francs. Je suis entouré de coquins..., je suis obligé de veiller encore

de plus près sur les dépenses qui me concernent personnellement.»

L’appréhension d’être volé par ses fournisseurs est exprimée, plus tard,

à maintes reprises, par l’Empereur. Un jour, il écrit au ministre de la

police: «On soupçonne M. Calmelet et un nommé Bataille, dont il se sert

comme architecte et tapissier, de s’entendre d’une manière contraire à

mes intérêts, et je suis assez porté à ajouter foi aux différents

renseignements qui me parviennent, quand je considère qu’ils ont

présenté un compte d’un million de dépenses dans une maison du prince

Eugène qu’ils ont arrangée et où, certainement, ils n’ont pas dépensé

200 000 francs.» Une autre fois, c’est au ministre de la justice qu’il

donne l’ordre de poursuivre, devant qui de droit, le teinturier de Lyon

qui a donné un mauvais teint aux tentures fournies pour Saint-Cloud. Au

sujet d’une dépense banale, un cadeau fait par l’Impératrice, il écrit

au prince Eugène: «Mon fils, l’Impératrice a fait présent à la

vice-reine d’Italie d’une guirlande d’hortensias. Je désire que, sans

que la princesse en sache rien, vous la fassiez estimer par de bons

bijoutiers et que vous me fassiez connaître cette estimation, pour que

je voie de combien ces messieurs ont l’habitude de me voler.» En 1809,

il mande au comte Daru: «Ma maison est pleine d’abus. Il est temps que

cela finisse... J’ai dépensé au delà de ce qui me convient. Cette

continuation de dépenses mettrait du désordre dans ma maison. Je crois

que beaucoup de choses se font d’une manière trop dispendieuse, vous

devez tout faire rentrer dans l’ordre.» Par une logique naturelle, s’il

est strict sur le montant des factures, il s’intéresse à la qualité des

marchandises fournies, avec une compétence que lui envierait plus d’un

négociant: «Je voudrais, écrit-il à Duroc, augmenter dans mes palais les

meubles d’étoffes de laine de Beauvais et de la Savonnerie, parce que

cela est de bonne durée; les étoffes de velours et de drap ne durent

qu’un moment, les meubles des Gobelins et de la Savonnerie durent quatre

fois davantage.»

Sa surveillance porte sur tout, sans exception, soit que, rencontrant,

par hasard, une dame d’honneur de l’Impératrice avec le livre de la

blanchisseuse en main, il s’approche, critique les comptes dont il

trouve la dépense trop élevée et s’en plaigne à Duroc; soit que, pour

assurer le contrôle de la distribution des denrées alimentaires, il

imagine de faire donner par les gens de service des bons de

consommation; soit que, revisant les comptes et s’arrêtant au premier

article venu, le sucre par exemple, «il en calcule la consommation

d’après le nombre de personnes, et en conclue qu’elle est raisonnable ou

exagérée»; soit qu’il discute sou à sou avec son intendant général le

prix de la nourriture de ses chevaux. C’est la même vigilance, la même

minutie, au sein de l’opulence illimitée, qu’à l’île d’Elbe, où, dans

une gêne relative, il ordonne au grand maréchal du palais de régler

toutes les semaines et tous les mois les dépenses de la maison, ajoutant

expressément «qu’une feuille de salade, une grappe de raisin doivent

être mentionnées».

Ne pouvant supporter le gaspillage, il ne savait quelles précautions

combiner afin de l’éviter. Il règle lui-même méthodiquement la

composition, les prix et la durée des effets de sa garde-robe, dans

laquelle il y aura: cinq habits militaires, à 360 fr. l’un, deux habits

de chasse, un seul habit bourgeois, celui-ci coûtant 200 francs. Chacun

de ces costumes devra durer trois ans. Tout est prévu dans cette liste,

depuis les quarante-huit gilets de flanelle dont on devra lui donner un

chaque semaine, jusqu’aux quatre douzaines de mouchoirs qui seront en

usage, à raison d’une douzaine par semaine, sans oublier les six madras,

devant durer trois ans, et dont on lui passera un tous les deux mois. Et

quand l’Empereur a tout énuméré, serviettes, bas de soie, souliers,

parfumerie, dégraissage et blanchissage, quand il a tout spécifié comme

achat, nombre et usure, il ajoute en regard de la rubrique _Dépenses

diverses_: «Rien ne sera dépensé que d’après l’approbation de Sa

Majesté.»

Est-ce en un jour d’inquiétude ou d’indécision sur son sort que ce

document a été élaboré? Nullement. C’est au moment précis où la fortune

semblait à jamais fixée dans la maison de Napoléon, c’est six mois après

la naissance du roi de Rome.

Chez un homme dont la surveillance doit s’exercer et s’exerce

effectivement sur un empire qui s’étend de Hambourg à Cadix, et

d’Amsterdam à Naples, ces préoccupations infimes sont plus

qu’étonnantes, elles heurtent brutalement les idées que nous nous

faisons généralement de la majesté des rois. Un souverain économe,

ordonné, quelle anomalie, en effet! Notre esprit, façonné aux

indications de l’histoire, n’est-il pas accoutumé à voir sur le trône un

personnage olympien, rayonnant de pourpre et d’or, exempt des calculs du

vulgaire, vivant dans une abondance intarissable où viennent se

rassasier toutes les corruptions? Après tant de princes ayant mis le

meilleur de leurs privilèges à s’affranchir des lois d’une morale

sévère, à donner le spectacle pernicieux de prodigalités excessives, de

gaspillages scandaleux, de licences effrénées; après le passage au

gouvernement de prétendus réformateurs qui faisaient voltiger les

deniers de l’État au souffle de leurs appétits luxurieux, voir arriver

soudain, avec le retour du pouvoir personnel, un petit soldat qui, sans

autre contrôle que sa conscience, n’assimile point le palais à une oasis

où ses jours s’écouleront dans une moelleuse et insouciante béatitude,

c’est un tableau étrange, en effet, propre à dérouter notre conception

ordinaire de la vie opulente, sereine, d’un maître omnipotent.

Que Napoléon l’ait voulu, ou que, sans idées préconçues, il ait

seulement suivi ses penchants naturels, à cette haute place où tout est

exemple pour les grands et les petits, il a rétabli la vérité

fondamentale contenue en ce mot «_Rex_, régulateur», comme a dit

Carlyle, et non dissipateur.

La critique, si ardente soit-elle, devra reconnaître ici, à l’Empereur,

une sincérité pleine d’indépendance. Arrivé au pouvoir, avec les

qualités et les défauts acquis durant une vie de labeurs et de

souffrances, il n’a rien dissimulé. Faisant, aux Tuileries, table rase

du cérémonial fastueux de ses prédécesseurs, il s’est interdit pour

lui-même les momeries de l’étiquette des cours. S’il a pris au sérieux

l’héritage des charges de la fonction suprême, avec l’attirail de la

représentation solennelle en public, il en a dédaigné, dans l’intérieur

du palais, les vaines satisfactions d’amour-propre, comme il s’est gardé

des allures outrecuidantes par lesquelles les monarques croyaient

rehausser leur dignité. Demeurant l’homme simple et rudimentaire qu’il

était, il est plus exceptionnel peut-être dans sa vertu persistante que

dans ses bruyants triomphes militaires.

Napoléon intime · 第 86 / 111 题