Le travail de son bureau accompli, suivons l’Empereur traversant les
appartements des Tuileries pour se rendre chez l’Impératrice. Il s’en
va, fredonnant, de la voix la plus fausse qui se puisse rêver, ses
refrains favoris, d’un goût peu relevé, tels que:
Ah! c’en est fait, je me marie;
ou bien:
Non, non, s’il est impossible
D’avoir un plus aimable enfant.
Quand, sur son passage, il rencontre des personnes attachées au service
général du palais, il ne leur montre pas moins d’urbanité qu’à celles de
son propre service. «Toujours extrêmement poli envers tout le monde,
affirme Mlle Avrillon, il ne recevait de qui que ce soit le moindre
service sans remercier, et n’appelait jamais ses valets de chambre
autrement que monsieur. Quand il traversait la salle où ils se tenaient,
il ne passait jamais devant eux sans les saluer. Il en était de même
quand l’Empereur venait chez l’Impératrice; il ne nous parlait jamais
qu’avec beaucoup de politesse et souvent avec bienveillance.» Même
témoignage chez la générale Durand, disant: «Il était aimable et bon
pour tous ceux qui l’entouraient.»
Cette bonté n’était pas seulement superficielle, elle faisait partie
d’un ensemble de principes rapportés par Napoléon du foyer natal, où,
comme sous l’ancienne coutume, les gens de service étaient l’objet de la
sollicitude des maîtres. «Il prenait un tel intérêt à tout ce qui tenait
à sa maison, qu’une fois qu’on y était attaché, personne, pas même un
homme de peine, ne pouvait être renvoyé sans son autorisation; il
fallait qu’on lui fît un rapport...»--«Songez bien, spécifiait-il en
propres termes à Duroc, le grand maréchal du palais, qu’un homme ne doit
pas être renvoyé légèrement de chez moi; ce serait une flétrissure;
ensuite, il ne trouverait à se placer nulle part...»--«Si, conformément
aux règles de l’étiquette, il envoyait ostensiblement un de ses
chambellans demander des nouvelles d’un grand personnage malade, il
envoyait aussi, par intérêt, par suite d’une affection vraie, s’informer
de la santé des personnes de son service intérieur.»
Chez l’Impératrice, Napoléon se montrait «aimable, gai, familier.
Assistant à sa toilette, il se plaisait à la tourmenter, à lui pincer le
cou et la joue. Si elle se fâchait, il la prenait dans ses bras,
l’embrassait, l’appelait grosse bête, et la paix était faite... Il
contrariait les premières dames en mille choses. Il arrivait souvent
qu’on lui tenait tête, il poussait la discussion et riait de bon cœur
lorsqu’il parvenait à fâcher nos jeunes personnes très franches et sans
usage, qui lui disaient des choses fort plaisantes par leur naïveté.»
Ainsi s’exprime la générale Durand, dame d’honneur de Marie-Louise. Au
temps de Joséphine, les manières ne différaient pas, si l’on en croit
une dame de cette dernière, Mlle Avrillon, nous montrant l’Empereur chez
l’Impératrice, après la cérémonie de son couronnement comme roi
d’Italie. «Il était d’une gaieté folle, il riait, il se frottait les
mains, et dans sa bonne humeur il m’adressa la parole:--«Eh bien!
mademoiselle, me dit-il, avez-vous bien vu la cérémonie? Avez-vous bien
entendu ce que j’ai dit en posant la couronne sur ma tête?»--Il répéta
alors, presque sur le même ton qu’il l’avait prononcé dans la
cathédrale:--«Dieu me l’a donnée, gare à qui y touche!»
Voudra-t-on voir malicieusement, dans ces récits, la vérité plus ou
moins tronquée par des gens fiers de paraître avoir été honorés de la
familiarité d’un grand homme? Bien qu’il soit difficile de mieux se
renseigner sur le caractère d’un homme qu’auprès des serviteurs
attachés, nuit et jour, à sa personne, on peut encore s’éloigner de la
sphère étroite où se mouvaient les narrateurs précédents et recueillir
d’autres témoignages, singulièrement confirmatifs. Ainsi, après les
valets de chambre, après les secrétaires, après les dames d’honneur,
bien placés pour savoir, voici le duc de Vicence disant dans ses
_Souvenirs_: «Ce qui n’est pas moins surprenant, c’est la facilité avec
laquelle, dans son intérieur, il redevient bourgeois, bonhomme presque.»
Voici M. de Bausset: «J’ose affirmer, dit-il, qu’il y a peu d’hommes,
dans leur vie intérieure, qui aient eu plus d’égalité de caractère, et
plus de douceur dans les manières.» En voici d’autres non suspects de
sympathie; voici Bourrienne, qui a plutôt intérêt à contester les
qualités de Napoléon, pour expliquer ses disgrâces, et qui déclare
cependant: «Dans l’habitude de la vie privée, il avait, oui, le mot
n’est pas trop fort, il avait de la bonhomie et beaucoup d’indulgence.»
Enfin le prince de Metternich, qui ne sera pas taxé de courtisanerie,
assure que «dans la vie privée, Napoléon était simple et souvent même
coulant... il poussait souvent même l’indulgence jusqu’à la faiblesse».
Toutes ces dépositions, si imposantes par la compétence de leurs
auteurs, par la diversité de leurs origines et par la similitude de
leurs conclusions, n’existeraient-elles pas encore, que les faits
matériels, ineffaçables ceux-là, suffiraient à prouver les bons procédés
de Napoléon pour son entourage immédiat.
Depuis 1801 jusqu’en 1814, l’Empereur a toujours eu le même valet de
chambre, Constant Wairy, qui perdit son emploi à Fontainebleau, après
l’abdication, pour avoir détourné, à son profit, une somme de cent mille
francs appartenant à la cassette impériale. Il fut remplacé par
Marchand, qui assista Napoléon à son lit de mort à Sainte-Hélène.
L’Empereur, dans toute sa carrière, n’a eu que trois secrétaires
particuliers en titre, c’est-à-dire vivant dans un perpétuel contact
avec lui. Le premier fut son condisciple de l’École de Brienne; Napoléon
avait dix ans à peine quand il le connut. C’était Bourrienne dont le
renvoi fut motivé, on le sait, par ses tripotages éhontés. A Bourrienne
succéda Meneval, qui faisait déjà partie du cabinet et qui au bout de
neuf ans passa, pour des raisons de santé, du service de l’Empereur à
celui de l’impératrice Marie-Louise. Après Meneval, c’est le baron Fain
dont les fonctions de secrétaire du Directoire se continuèrent près de
Napoléon jusqu’en 1814. Tout près de lui, on trouve également jusqu’à la
dernière heure le trésorier de la liste civile impériale, M. Estève, le
même qui avait été chargé de la comptabilité par le général en chef de
l’expédition d’Égypte, et qui fut ensuite administrateur de la maison du
Premier Consul.
Nous concéderons facilement que ces hommes tenaient à leurs emplois.
Mais il ne suffit pas, pour demeurer au service de quelqu’un, de faire
soi-même tous les sacrifices possibles; il faut encore que le maître ne
soit pas un être fantasque et hargneux se livrant, à propos de rien, à
des excès de fureur dont le premier effet est, généralement, de chasser
des serviteurs qui seront remplacés sans le moindre embarras. Pour ces
fonctions, il devait exister autant de candidats qu’il y avait en France
d’hommes sachant tenir une brosse ou une plume.
Ce n’est pas encore tout. Prenez l’_Annuaire impérial_ de la fin du
règne; vous y retrouverez les noms de ceux qui, depuis le Consulat et
même avant, ont été les collaborateurs assidus de Napoléon, ont passé
leur vie, pour ainsi dire, dans son ombre. Ce sont: les Lebrun, les
Cambacérès, les Fouché, les Talleyrand, les Duroc, les Berthier, les
Junot, les Marmont, les Clarke, les Régnier, les Gaudin, les Decrès,
les Mollien, les Maret, les Lacuée, les Réal, les Regnauld
Saint-Jean-d’Angely, les Fontanes, les Ganteaume. Tous, enfin, depuis le
pédicure Tobias-Koën, rencontré déjà à Malmaison en 1801, et revu aux
Tuileries, en 1815, pendant les Cent-Jours, jusqu’au deuxième consul du
coup d’État de Brumaire, Cambacérès, devenu l’archichancelier de
l’Empire, tous, par leur présence ininterrompue, attestent
l’indiscutable exactitude des témoignages laissés par les secrétaires et
les domestiques qui ont représenté Napoléon, chez lui, comme un homme
régulier d’habitudes, facile à servir, plutôt paisible que violent,
c’est-à-dire l’antipode de l’être excessif, despotique, dénaturé, dont
on a fait le héros de ce qu’on pourrait appeler la légende _noire_
napoléonienne.
V
Les plaisirs de la table n’existaient pas pour l’Empereur. Par suite de
son invariable sobriété, les mets les plus simples, tels que «les _œufs
au miroir_ (œufs sur le plat), les haricots en salade, presque jamais de
ragoûts, un peu de fromage de parmesan, arrosés de chambertin étendu
d’eau, étaient ceux qu’il aimait le mieux». «En campagne et en marche,
écrivait-il à Duroc, son grand maréchal du palais, les tables, même la
mienne, seront servies avec une soupe, un bouilli, un rôti et des
légumes, point de dessert.» Douze minutes étaient le temps consacré à
Paris pour le dîner, que l’on servait à six heures. Napoléon se levait
de table et laissait l’Impératrice avec les autres convives continuer le
repas à leur guise. Son déjeuner, qu’il prenait seul à neuf heures et
demie, ne durait pas plus de huit minutes. On le servait sur un guéridon
d’acajou sans serviette. «Les courts instants de son déjeuner,
lisons-nous, étaient ceux où il était le moins empereur et le plus
homme.» «S’il avait du temps à lui, il recevait alors des personnes
auxquelles il avait accordé cette faveur, telles que Monge, Berthollet,
Costaz, Denon, Corvisart, David, Gérard, Isabey, Talma, Fontaine. Sa
conversation était gaie, pleine d’abandon, d’intérêt, de charme.»
C’était alors qu’il causait familièrement avec les officiers de sa
maison qui le servaient; il leur faisait nombre de questions sur ce
qu’on lui donnait: «Où a-t-on acheté cela? Combien cela coûte-t-il?» Et
quand on lui avait répondu, il disait très souvent: «Cela était beaucoup
moins cher quand j’étais sous-lieutenant, je ne veux pas payer plus cher
qu’un autre.» A ce trait, il serait plus facile de reconnaître un
modeste hobereau, dépensant ses pauvres petites rentes, avec une pointe
de méfiance bourgeoise, que le puissant empereur maniant à son gré, pour
ainsi dire, la moitié des revenus de l’Europe, pouvant, à sa guise,
détrôner un roi et s’approprier sa liste civile!
Dans son étrange et presque inconcevable parcimonie, l’égoïsme ne joue
aucun rôle. Il n’est nullement possédé de la passion de thésauriser.
Personne n’a récompensé plus généreusement les services rendus à la
patrie. Il a distribué des dotations s’élevant à des sommes fabuleuses.
Davout, pour n’en citer qu’un, avait été gratifié de 1 800 000 fr. de
rente. Mais dépenser le moins possible, en homme qui connaît la valeur
de l’argent, ne pas être pris pour dupe dans les règlements de compte,
c’étaient les deux marottes de Napoléon; on les retrouve à toutes les
époques de sa vie. Sous le Consulat, à peine arrivé aux Tuileries, il
dit à Rœderer: «Savez-vous ce qu’on me demande pour mon établissement
aux Tuileries? Deux millions! Ce sont des voleurs. Aussi ai-je défendu
qu’on me représentât les mémoires avant qu’ils fussent réduits à 800 000
francs. Je suis entouré de coquins..., je suis obligé de veiller encore
de plus près sur les dépenses qui me concernent personnellement.»
L’appréhension d’être volé par ses fournisseurs est exprimée, plus tard,
à maintes reprises, par l’Empereur. Un jour, il écrit au ministre de la
police: «On soupçonne M. Calmelet et un nommé Bataille, dont il se sert
comme architecte et tapissier, de s’entendre d’une manière contraire à
mes intérêts, et je suis assez porté à ajouter foi aux différents
renseignements qui me parviennent, quand je considère qu’ils ont
présenté un compte d’un million de dépenses dans une maison du prince
Eugène qu’ils ont arrangée et où, certainement, ils n’ont pas dépensé
200 000 francs.» Une autre fois, c’est au ministre de la justice qu’il
donne l’ordre de poursuivre, devant qui de droit, le teinturier de Lyon
qui a donné un mauvais teint aux tentures fournies pour Saint-Cloud. Au
sujet d’une dépense banale, un cadeau fait par l’Impératrice, il écrit
au prince Eugène: «Mon fils, l’Impératrice a fait présent à la
vice-reine d’Italie d’une guirlande d’hortensias. Je désire que, sans
que la princesse en sache rien, vous la fassiez estimer par de bons
bijoutiers et que vous me fassiez connaître cette estimation, pour que
je voie de combien ces messieurs ont l’habitude de me voler.» En 1809,
il mande au comte Daru: «Ma maison est pleine d’abus. Il est temps que
cela finisse... J’ai dépensé au delà de ce qui me convient. Cette
continuation de dépenses mettrait du désordre dans ma maison. Je crois
que beaucoup de choses se font d’une manière trop dispendieuse, vous
devez tout faire rentrer dans l’ordre.» Par une logique naturelle, s’il
est strict sur le montant des factures, il s’intéresse à la qualité des
marchandises fournies, avec une compétence que lui envierait plus d’un
négociant: «Je voudrais, écrit-il à Duroc, augmenter dans mes palais les
meubles d’étoffes de laine de Beauvais et de la Savonnerie, parce que
cela est de bonne durée; les étoffes de velours et de drap ne durent
qu’un moment, les meubles des Gobelins et de la Savonnerie durent quatre
fois davantage.»
Sa surveillance porte sur tout, sans exception, soit que, rencontrant,
par hasard, une dame d’honneur de l’Impératrice avec le livre de la
blanchisseuse en main, il s’approche, critique les comptes dont il
trouve la dépense trop élevée et s’en plaigne à Duroc; soit que, pour
assurer le contrôle de la distribution des denrées alimentaires, il
imagine de faire donner par les gens de service des bons de
consommation; soit que, revisant les comptes et s’arrêtant au premier
article venu, le sucre par exemple, «il en calcule la consommation
d’après le nombre de personnes, et en conclue qu’elle est raisonnable ou
exagérée»; soit qu’il discute sou à sou avec son intendant général le
prix de la nourriture de ses chevaux. C’est la même vigilance, la même
minutie, au sein de l’opulence illimitée, qu’à l’île d’Elbe, où, dans
une gêne relative, il ordonne au grand maréchal du palais de régler
toutes les semaines et tous les mois les dépenses de la maison, ajoutant
expressément «qu’une feuille de salade, une grappe de raisin doivent
être mentionnées».
Ne pouvant supporter le gaspillage, il ne savait quelles précautions
combiner afin de l’éviter. Il règle lui-même méthodiquement la
composition, les prix et la durée des effets de sa garde-robe, dans
laquelle il y aura: cinq habits militaires, à 360 fr. l’un, deux habits
de chasse, un seul habit bourgeois, celui-ci coûtant 200 francs. Chacun
de ces costumes devra durer trois ans. Tout est prévu dans cette liste,
depuis les quarante-huit gilets de flanelle dont on devra lui donner un
chaque semaine, jusqu’aux quatre douzaines de mouchoirs qui seront en
usage, à raison d’une douzaine par semaine, sans oublier les six madras,
devant durer trois ans, et dont on lui passera un tous les deux mois. Et
quand l’Empereur a tout énuméré, serviettes, bas de soie, souliers,
parfumerie, dégraissage et blanchissage, quand il a tout spécifié comme
achat, nombre et usure, il ajoute en regard de la rubrique _Dépenses
diverses_: «Rien ne sera dépensé que d’après l’approbation de Sa
Majesté.»
Est-ce en un jour d’inquiétude ou d’indécision sur son sort que ce
document a été élaboré? Nullement. C’est au moment précis où la fortune
semblait à jamais fixée dans la maison de Napoléon, c’est six mois après
la naissance du roi de Rome.
Chez un homme dont la surveillance doit s’exercer et s’exerce
effectivement sur un empire qui s’étend de Hambourg à Cadix, et
d’Amsterdam à Naples, ces préoccupations infimes sont plus
qu’étonnantes, elles heurtent brutalement les idées que nous nous
faisons généralement de la majesté des rois. Un souverain économe,
ordonné, quelle anomalie, en effet! Notre esprit, façonné aux
indications de l’histoire, n’est-il pas accoutumé à voir sur le trône un
personnage olympien, rayonnant de pourpre et d’or, exempt des calculs du
vulgaire, vivant dans une abondance intarissable où viennent se
rassasier toutes les corruptions? Après tant de princes ayant mis le
meilleur de leurs privilèges à s’affranchir des lois d’une morale
sévère, à donner le spectacle pernicieux de prodigalités excessives, de
gaspillages scandaleux, de licences effrénées; après le passage au
gouvernement de prétendus réformateurs qui faisaient voltiger les
deniers de l’État au souffle de leurs appétits luxurieux, voir arriver
soudain, avec le retour du pouvoir personnel, un petit soldat qui, sans
autre contrôle que sa conscience, n’assimile point le palais à une oasis
où ses jours s’écouleront dans une moelleuse et insouciante béatitude,
c’est un tableau étrange, en effet, propre à dérouter notre conception
ordinaire de la vie opulente, sereine, d’un maître omnipotent.
Que Napoléon l’ait voulu, ou que, sans idées préconçues, il ait
seulement suivi ses penchants naturels, à cette haute place où tout est
exemple pour les grands et les petits, il a rétabli la vérité
fondamentale contenue en ce mot «_Rex_, régulateur», comme a dit
Carlyle, et non dissipateur.
La critique, si ardente soit-elle, devra reconnaître ici, à l’Empereur,
une sincérité pleine d’indépendance. Arrivé au pouvoir, avec les
qualités et les défauts acquis durant une vie de labeurs et de
souffrances, il n’a rien dissimulé. Faisant, aux Tuileries, table rase
du cérémonial fastueux de ses prédécesseurs, il s’est interdit pour
lui-même les momeries de l’étiquette des cours. S’il a pris au sérieux
l’héritage des charges de la fonction suprême, avec l’attirail de la
représentation solennelle en public, il en a dédaigné, dans l’intérieur
du palais, les vaines satisfactions d’amour-propre, comme il s’est gardé
des allures outrecuidantes par lesquelles les monarques croyaient
rehausser leur dignité. Demeurant l’homme simple et rudimentaire qu’il
était, il est plus exceptionnel peut-être dans sa vertu persistante que
dans ses bruyants triomphes militaires.