[Résumé]
L'internet est d’abord anglophone à pratiquement 100%, puisqu'il
débute en 1974 aux États-Unis en tant que réseau reliant les
agences gouvernementales, les universités et les centres de
recherche, grâce aux investissements considérables du gouvernement,
avant de s’étendre à la communauté anglophone puis au monde entier.
Vingt ans plus tard, Babel, initiative conjointe de l'Internet
Society et d’Alis Technologies, mène la première étude relative à
la répartition des langues sur le web. Daté de juin 1997 et
disponible en sept langues, le «Palmarès des langues de la toile»
donne les pourcentages de 82,3% pour l'anglais, 4% pour l'allemand,
1,6% pour le japonais, 1,5% pour le français, 1,1% pour l'espagnol,
1,1% pour le suédois et 1% pour l'italien. Trois ans plus tard, en
été 2000, 78% des pages web sont en anglais, et 50% des usagers
sont non anglophones.
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En 1997, le web est anglophone à 82,3%, d’après Babel, un projet
conjoint de l’Internet Society et d’Alis Technologies pour
contribuer à l’internationalisation de l’internet.
À ses débuts, l'internet est anglophone à pratiquement 100%,
puisqu'il débute en 1974 aux États-Unis en tant que réseau reliant
les agences gouvernementales, les universités et les centres de
recherche, grâce aux investissements considérables du gouvernement,
avant de s’étendre à la communauté anglophone puis au monde entier.
Son développement rapide est favorisé par l’invention du web en
1990 par Tim Berners-Lee puis le lancement en novembre 1993 du
premier navigateur Mosaic, ancêtre de Netscape.
«Vers la communication sur internet dans toutes les langues...»,
tel est le sous-titre de la page d'accueil de Babel, une
initiative de l’Internet Society et d’Alis Technologies. Pour
mémoire, rappelons que l’Internet Society est fondée en 1992 par
Vinton Cerf pour favoriser le développement de l’internet et
qu’Alis Technologies est une société spécialisée dans le
traitement automatique des langues.
En 1997, le site plurilingue (anglais, allemand, espagnol,
français, italien, portugais, suédois) de Babel propose deux
grands secteurs pour sa partie francophone: (a) un secteur
«langues» en trois parties: langues du monde, glossaire
typographique et linguistique, Francophonie; (b) un secteur
«internet et multilinguisme» en deux parties: développer votre
site web multilingue, codage des écritures du monde.
Babel mène la première étude sur la répartition des langues sur le
web et publie cette étude dans les sept langues du site.
Disponible en ligne en juin 1997, le « Palmarès des langues de la
toile » donne les pourcentages de 82,3% pour l'anglais, 4% pour
l'allemand, 1,6% pour le japonais, 1,5% pour le français, 1,1%
pour l'espagnol, 1,1% pour le suédois et 1% pour l'italien.
Ce pourcentage de 82,3% pour l’anglais peut s’expliquer par
plusieurs facteurs: (a) l’usage de l'anglais en tant que
principale langue d’échange internationale; (b) la création d’un
grand nombre de sites web aux États-Unis et au Canada depuis les
débuts du web en 1990; (c) une proportion d'usagers
particulièrement forte en Amérique du Nord par rapport au reste du
monde, les ordinateurs étant bien meilleur marché qu'ailleurs,
tout comme la connexion à l'internet sous forme de forfait mensuel
à prix modique.
Selon Global Reach, société spécialisée dans
l’internationalisation et la localisation des sites web, les
usagers non anglophones sont au nombre de 56 millions en juillet
1998, avec 22,4% d’usagers hispanophones, 12,3% d’usagers nippons,
14% d’usagers germanophones et 10% d’usagers francophones. Sur les
500 millions d’habitants que compte l’Europe, 15% sont de langue
maternelle anglaise, 28% ne parlent pas l’anglais et 32%
consultent des pages web en anglais.
D’après Randy Hobler, un consultant en marketing internet de
logiciels et services de traduction interviewé en septembre 1998,
«l’augmentation de pages web dans d’autres langues que l’anglais
n’est pas seulement due au fait qu’il y ait plus de sites et
d’usagers dans des pays non anglophones, mais elle est également
due au fait que les sociétés et les organisations localisent
davantage leurs sites web et au fait qu’on utilise davantage la
traduction automatisée pour proposer des sites web à partir ou
vers d’autres langues.»
Randy explique aussi: «Comme l’internet n’a pas de frontières
nationales, les internautes s’organisent selon d’autres critères
propres au médium. En termes de multilinguisme, vous avez des
communautés virtuelles, par exemple ce que j’appelle les "nations
de langues", tous ces internautes qu’on peut regrouper selon leur
langue maternelle quel que soit leur lieu géographique. Ainsi la
nation de la langue espagnole inclut non seulement les internautes
d’Espagne et d’Amérique latine, mais aussi tous les Hispanophones
vivant aux États-Unis, ou encore ceux qui parlent espagnol au
Maroc.»
Si Randy donne l'exemple d'une «nation de langue» hispanophone
répartie sur trois continents, la même remarque vaut pour la
Francophonie, une communauté de langue française présente sur cinq
continents, ou encore la Créolophonie, une communauté de langue
créole présente non seulement dans les Caraïbes mais aussi à Paris,
Montréal et New York.
Le pourcentage d’internautes habitant hors des États-Unis atteint
les 50% en juillet 1999. Le pourcentage d’usagers non anglophones
atteint lui aussi les 50% en été 2000. Selon Global Reach, ce
pourcentage est de 52,5% en été 2001, 57% en décembre 2001, 59,8%
en avril 2002, 64,4% en septembre 2003 (dont 34,9% d’Européens non
anglophones et 29,4% d’Asiatiques) et 64,2% en mars 2004 (dont
37,9% d’Européens non anglophones et 33% d’Asiatiques).