L'ESPÉRANCE.

Arrête, ô toi qui, dans la nuit profonde,

Remplis l'écho du chant de tes douleurs!

Pour tant souffrir, es-tu donc seul au monde?

Verse en mon sein la peine qui t'inonde:

Je t'ai compris et j'accours à tes pleurs.

Enfant, dis-moi le mal qui te déchire.

Il n'en est pas sans doute qui soit pire,

Car, à travers tes pleurs et ton délire,

Tu blasphémais et tu parlais de mort.

Je viens à toi. Courage, ô mon poëte!

Ne vois-tu pas, là-bas, cette mouette?

Son aile est blanche et joyeux son essor.

Ne vois-tu pas cette étoile nacrée

Qui fend la nue à peine déchiree,

Et cette voile, un instant éclairée,

Qui fuit, s'abaisse et reparaît encor?

Contes et poésies de Prosper Jourdan: 1854-1866 · 第 85 / 212 题