Cette idée--naïve, pathétique, indispensable--que nous faisons la guerre
pour que nos enfants n’aient plus besoin de la faire, elle possède plus
ou moins tous les esprits simples dans les deux camps. C’est sous cette
forme que reparaît et se hasarde l’idée de progrès, si attaquée, si
déconfite par les énormes événements actuels.
Et en effet, pour vivre, pour agir, il faut que l’homme croie ou à Dieu
ou au progrès. En dehors c’est le suicide.
Faire voir comment l’idée de progrès est un pis-aller de l’idée de Dieu,
et pourquoi elle est inadmissible et insupportable aux yeux du chrétien.
Loin d’impliquer le progrès, Dieu le supprime.
Le progrès, c’est, pour ne pas l’admettre, pour ne pas le voir, Dieu
défiguré, étendu et délayé le long du temps. Mais ainsi, d’une part on
méconnaît l’existence actuelle et constante du mal dans le monde, et
d’autre part on prive Dieu de toute sa force justificative.