3 novembre 1915. (8e carnet, page 3).

Ne jamais oublier la véritable conspiration ourdie par Dieu pour me

forcer à communier demain. Après que j’avais cru avoir laissé échapper

l’occasion de le faire, cette annonce du prêtre à la messe dimanche

dernier. Puis les lectures que le hasard m’a fait faire pendant toute la

semaine: cette insistance de plus en plus pressante, ces promesses de

plus en plus séduisantes de l’_Imitation_. Enfin hier cette pensée: Si

je reçois une lettre d’I. et qu’elle me parle de quelque chose de ce

genre, j’irai me confesser. Et justement cette carte qui m’attendait, au

retour de la bibliothèque, avec ces mots: «Je vais communier.»

Les dernières hésitations en entendant que «c’était l’abbé X.»--Puis

mouvement de bonne volonté. Petite promenade dehors: «Allons-y, comme un

brave homme...»

Et le plus mystérieux peut-être: la récompense de ma bonne volonté.

Jetant un coup d’œil sur le groupe près duquel je m’étais arrêté, j’ai

vu que c’était l’abbé Y. qui confessait.

* * * * *

«Priez pour moi comme je prierai pour vous».

C’était bon. Il y avait longtemps, ou plutôt je n’avais jamais encore

senti tant de paix à être à genoux et pénitent.

Que vous êtes bon, mon Dieu! Peut-il y avoir une conduite plus claire

que la vôtre avec moi? Je sens bien qu’un autre ne peut pas voir du

dehors ce soin que vous prenez de moi. Mais moi, si mes yeux y restaient

fermés, quelle ingratitude, quel crime!

J’ai bien reconnu aussi l’intercession de ceux de mes aimés qui sont

avec vous, de ceux aussi qui ont besoin peut-être de cette communion

pour être rapprochés de vous, et qui l’ont arrachée de moi par votre

intermédiaire.

Pour la première fois dans ce que m’a dit le prêtre, des choses qui

m’ont touché. «La sainte pureté...» Je comprenais combien elle était en

effet quelque chose de _naturel_, de _juste à observer_.

«Les âmes du Purgatoire.»

A la trace de Dieu · 第 110 / 151 题