Le contre-espionnage s’est beaucoup servi des femmes, mais pas toujours
avec succès, témoin cette petite actrice qui s’était dévouée pour aller
amuser les officiers allemands en Belgique, et qui s’amusa tellement...
qu’elle préféra ne pas revenir.
On employa aussi de timides jeunes filles à faire de l’inoffensive
photographie devant des maisons, plus ou moins protégées par l’immunité
diplomatique, et dans lesquelles la police ne pouvait entrer...
Ce système a été utilisé surtout chez les neutres. Boris Nadel, un agent
émérite, raconte que, à Saint-Sébastien, il avait posté une jeune femme
dans une maison sise juste en face de l’appartement d’un espion nommé
Gruder. A l’aide d’un appareil habilement dissimulé, on prenait la
photographie de tous ceux qui sortaient de ce nid d’espions. Et quand
les gens suspects, arrêtés dans le Midi, protestaient de leur amour pour
la France, avant de les croire, on regardait dans les fiches
photographiques de Saint-Sébastien--ou de Barcelone.