QUI N’A PAS DE FILLEUL?

Les «marraines» ont constitué un autre danger.

Le but réel d’un poilu en engageant une correspondance avec une femme

inconnue et peut-être laide était apparemment de recevoir des

encouragements moraux--c’est entendu; mais aussi parfois et souvent de

recevoir des dons en nature ou en espèces.

C’était une magnifique occasion pour les espionnes d’entrer en relations

avec des soldats du front, d’avoir le numéro des régiments en position,

leur secteur et de connaître leur «état d’âme».

Après avoir correspondu, à la prochaine «perm’» à «Panam» le filleul

venait faire connaissance de sa «marraine» et alors les effusions

devenaient plus intimes et l’échange de renseignements plus complet.

En 1917, l’autorité essaya de défendre les annonces relatives aux

marraines, mais en fait le système subsista.

Il était si sentimental et si poétique!

Les belles marraines ont peut-être causé quelque bien aux poilus

neurasthéniques; elles ont certainement fait beaucoup de mal à l’armée.

Ces bonnes dames ne se doutent pas que c’est grâce à elles que l’ennemi

a pu facilement repérer les unités en campagne, et deviner les effectifs

en présence.

Il n’est pas jusqu’aux cartomanciennes qui n’aient attiré l’attention de

la S. G. Certaines somnambules extra-lucides, au lieu de renseigner

leurs clientes, extorquaient toutes sortes de renseignements aux femmes

d’officiers qui allaient les consulter sur le sort de leur mari. On dut

interdire formellement leur petit commerce.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 113 / 134 题