LES AVEUX

Les deux femmes firent des aveux complets. Cependant tout d’abord elles

ne voulurent pas dénoncer Guaspare. Mais quand elles apprirent qu’il

était arrêté, elles déclarèrent que c’était lui qui leur avait donné les

indications nécessaires.

On trouva sur elles des sauf-conduits en blanc. On découvrit aussi un

tout petit fragment de papier, mince comme une feuille à cigarette,

couvert de notes sur les ports de débarquement des Américains. Le tout

était dissimulé dans un sachet de toile grise attaché à leur robe.

Quand la surveillante préposée aux fouilles fit cette découverte, la

femme Schadeck lui dit naïvement:

--Brûlez ce papier. Cela n’a aucune importance!

La surveillante répondit:

--J’t’écoute!

Les deux espionnes n’essayèrent pas de nier. Elles déclarèrent avoir

envoyé en Suisse les renseignements demandés sur les mouvements des

Américains, les allées et venues des permissionnaires, avec le numéro de

leur régiment, de leur division, leur emplacement, leur secteur et les

endroits où on les envoyait au repos.

A leur retour, ces femmes devaient toucher 600 francs d’abord et 1.000

francs ensuite, soit 1.600 francs. A cette époque, la vie n’était pas

encore chère! Il est vrai que Anna Garnier se proposait de consacrer

cette somme uniquement à l’achat d’un bateau pour canoter sur le lac de

Genève!

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 88 / 134 题