CANOTAGE SUR LE LAC

Le grand divertissement de toute cette clique était le canotage sur le

lac de Genève. Ce sport était, paraît-il, passionnant, à ce point que

l’une des femmes qui vivaient avec eux avouait au capitaine rapporteur:

--Moi, si j’ai fait de l’espionnage, c’était pour acheter un bateau et

pouvoir canoter sur le lac Léman!

Dans l’argot de ce repaire, on disait, pour aller en France: «On

descend»; et quand on rentrait en Suisse avec des renseignements: «On

remonte».

C’est au café Amodru qu’on rencontrait aussi les deux frères Ripert,

dits Lhoupart, Jean et Marius, connus aussi sous le nom de les

Marseillais.

Jean Ripert était un sinistre bandit que l’on retrouve dans toutes les

affaires d’espionnage. Les deux frères d’ailleurs avaient une égale

audace: tous deux étaient allés en Allemagne se faire interner, puis

avaient simulé une évasion, étaient revenus en Suisse, et avaient écrit

à leur capitaine pour lui raconter «la manière dont ils avaient échappé

aux Boches!»

Marius Ripert, le frère, avec Guaspare, avait fait une grande tournée

d’espionnage dans le Midi, d’où ils avaient rapporté une ample moisson

de renseignements.

Tels étaient les personnages principaux de la bande. Mais il y avait

encore sept comparses, ayant chacun un rôle dans l’affaire compliquée

qui nous occupe.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 78 / 134 题