AU CAFÉ AMODRU

A Genève, tous les déserteurs se fréquentaient et se connaissaient.

Murat, dont nous parlerons plus loin, a raconté que, lorsqu’il arriva en

Suisse après avoir déserté, il fut interrogé par un officier suisse qui

lui demanda le numéro de son régiment, son emplacement et le _genre de

grenade utilisée_.

Pourquoi cette question de la part d’un officier suisse? Mystère et

indiscrétion--au profit des Boches sans doute.

Quand le déserteur avait été interrogé, il n’avait qu’à s’adresser au

premier sergent major venu pour savoir où se trouvaient le rendez-vous

des déserteurs:

--Au café Amodru! lui disait-on.

Ce café était tenu par un sieur Chavanne. S’y réunissaient non seulement

les déserteurs, mais aussi les espions disponibles ou en fonctions.

C’est là que trônait Michel Cayer Barrioz, originaire des Echelles, qui

avait abandonné son régiment en juin 1915 pour se réfugier à Genève et

entrer à la solde de Kœniger, le chef direct de toute la bande.

Cayer avait pris pour lieutenants Murat et Guaspare, deux hommes

redoutables.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 77 / 134 题