LE CENTRE DE GENÈVE

Genève était devenu le rendez-vous des déserteurs français, et, il est

triste de le constater, c’est parmi eux que les Allemands recrutaient la

plupart de leurs agents.

Le bureau central des renseignements se trouvait, nous l’avons dit, à

Fribourg-en-Brisgau, et son représentant à Genève était une femme

blonde, une Allemande, qu’on appelait la _Rouquine_.

Cette femme, qu’il ne faut pas confondre avec la célèbre Mlle Docktor,

d’Anvers, se déplaçait fréquemment. Elle avait pour lieutenant en

permanence à Genève un certain cordonnier boche du nom de Kœniger qui

habitait rue Prévost-Martin et avait pour mission de centraliser les

renseignements et de recruter les agents.

Lorsque Kœniger avait fait une recrue, il l’envoyait parfaire son

instruction professionnelle à Fribourg. Là se trouvait la fameuse école

dont nous avons déjà eu l’occasion de parler et où les méthodes de

perfectionnement étaient poussées si loin qu’on enseignait aux

candidats: la manière de recueillir et d’envoyer des renseignements, de

passer la frontière, parfois même de _rejoindre leur ancienne unité au

front en faisant croire qu’ils avaient été faits prisonniers_.

C’est un graveur sur métaux de Genève, appelé Lisenmenger, qui

conduisait les élèves à Fribourg.

Le franchissement de la frontière se faisait près de Genève avec la

complicité des restaurateurs dont les établissements étaient situés à

quelques mètres des bornes limites.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 75 / 134 题