LA BANDE DU CAFÉ AMODRU.--L’ESPIONNAGE ET LES STUPÉFIANTS. L’ÉCOLE DE LA
«ROUQUINE».
Ceci est l’histoire d’une bande de traîtres formidable, avec
déguisement, désertion, emploi de stupéfiants, suicide d’amour,
dénonciation, trahison dans la trahison, espionnage féminin, drame de la
folie, etc., tout ce qu’il faut pour tourner un bon film américain. Oyez
plutôt:
La plupart des espions envoyés en France étaient munis au départ d’un
objet ou d’un produit d’origine allemande dont l’introduction en France
était illicite, comme: pierres à briquet, cocaïne, morphine, cantharide,
etc.
Le moyen, au premier abord, paraît _stupéfiant_, c’est le cas de le
dire, car, employer pareille contrebande, dira-t-on, c’est aller
au-devant de difficultés avec la douane ou la gendarmerie.
Oui et non. C’était un prétexte tout trouvé et fort admissible. Si par
hasard l’agent était arrêté en voulant se dissimuler, il avait à
invoquer un motif plausible et délictueux à la fois:
--Je suis contrebandier, soit! Mais pas espion!
Telle était la réponse préparée, réponse d’ailleurs classique de tous
les inculpés d’intelligences avec l’ennemi dont la justice a eu à
s’occuper.
Aussi qui dit contrebande dit, dans la plupart des cas, espionnage.