Ils ont l’audace de se servir de Mata-Hari pour faire de la propagande
anti-française. Ils lui ont consacré plusieurs films qu’ils ont répandus
dans les cinémas du monde entier; ils la représentent--surtout en
Amérique--comme une héroïne et une grande patriote, alors que ce n’était
qu’une demi-mondaine sans cœur et sans patrie, avide d’argent.
Un écrivain allemand, Wilhelm Fischer, prétend que le gouvernement
français a hésité pendant huit jours avant de faire fusiller Mata-Hari
«tellement sa condamnation paraissait scandaleuse».
Le journal hollandais _Algemeen Handelsblad_ est allé jusqu’à imprimer:
«Mata-Hari n’a pu présenter sa défense; elle a été condamnée sans avoir
été entendue.»
Que les journaux ennemis inventent de pareilles stupidités, passe
encore. Mais que des Français se fassent les défenseurs de cette
espionne voilà qui confond l’imagination.