LA LEGENDE DE MATA-HARI

Les Allemands se sont beaucoup servis des femmes pour obtenir des

renseignements. D’abord on a toujours plus de bienveillance, sinon de

confiance, envers une femme, et elle passe partout. Ensuite elle a une

arme, le sourire, qui détourne l’attention des plus vigilants. Enfin

elle accepte plus facilement les missions importantes et délicates,

parce qu’elle ne se rend pas compte du danger et qu’elle s’imagine que

«c’est tout naturel».

A l’école d’espionnage que les Allemands avaient établie à Lorrach, dans

le grand duché de Bade, et à Fribourg-en-Brisgau, la majorité des

élèves étaient des femmes.

D’ailleurs «l’Académie» était dirigée par une femme.

Nous avons rappelé que Mata avait pu paraître--nous n’avons pas dit

s’installer--jusque dans le cabinet du ministre des Affaires étrangères

et dans celui du ministre de la Guerre, renouvelant ainsi, quarante ans

plus tard, les exploits de la baronne allemande de Kaula, devenue l’amie

du ministre général de Cissey.

Mata fut la plus grande espionne de la guerre et les Allemands ne sont

pas encore consolés de sa perte: ils l’ont défendue à outrance et ils

ont la prétention de l’opposer à miss Cavell qu’ils ont assassinée à

Bruxelles.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 42 / 134 题