COMME LA TOSCA

Décidément Mata-Hari se tenait bien et cela surprenait un peu.

--C’est une comédienne, disait-on. Et puis son défenseur lui a fait

croire que, comme dans _la Tosca_, les fusils seront chargés à blanc.

C’est pour cela qu’elle montre tant de confiance. Elle se figure qu’il

n’y a pas de balles dans les cartouches et qu’on ne la tuera pas, à

cause de ses hautes relations.

--C’est une histoire ridicule, répondis-je. La danseuse sait très bien

qu’elle va mourir. Quand elle a refusé de se laisser visiter par le

médecin, elle savait qu’elle repoussait sa dernière chance de salut.

D’ailleurs son avocat a démenti formellement cette légende tout à

l’heure.

La légende n’en a pas moins persisté. Il n’y a rien de plus difficile à

détruire qu’une légende. J’ai même entendu des gens venir m’affirmer--à

moi!--que Mata-Hari n’était pas morte. Si je n’avais pas été là j’aurais

fini par le croire, tout au moins j’aurais douté...

Mais reprenons notre récit.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 38 / 134 题