MAITRESSE DU PRÉSIDENT HOLLANDAIS

Si Mata semblait rassurée, c’est qu’elle avait de puissants protecteurs,

non pas seulement en France, mais à l’étranger, en Hollande notamment.

Le général Boucabeille, ancien attaché militaire à La Haye, a réuni de

nombreux documents sur le compte de la danseuse.

Mata, avant d’être la maîtresse d’un ministre de la Guerre français,

avait eu pour amant le kronprinz qui l’avait emmenée aux manœuvres de

Silésie. Puis le duc de Brunswick l’avait couverte de marks. En passant

par la Hollande, elle avait pris pour amant le président du Conseil des

ministres Van der Linden--tout simplement.

C’est ce dernier qui tenta une démarche pressante auprès du gouvernement

français pour obtenir sa grâce. Il faut rappeler que la reine

Wilhelmine, malgré les instances du prince consort, refusa de s’associer

à cette démarche. C’est le même ministre qui, après la condamnation de

Mata, suscita des manifestations contre les Français qu’il faisait

traiter de «sauvages» et de «barbares».

Le gouvernement de ce même Van der Linden avait laissé organiser sous

ses yeux un vaste système d’espionnage.

Le consul allemand était à la tête de ce service. A La Haye, il donnait

des passeports. A Scheveningen--la station balnéaire--il recevait les

renseignements.

Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia · 第 29 / 134 题