GARNISSAIRE. Soldat qui loge chez le débiteur du gouvernement;
dites, _garnisaire_ subs. masc., du mot _garnison_. Nous devons
cette expression au régime révolutionnaire; avant cette époque on
se servait du mot _séquestre_. Il est à désirer qu'on supprime ce
mot qui devient inutile, puisque nous en avons un équivalent.
Il s'en faut bien que _séquestre_ soit l'équivalent de _garnisaire_.
La signification de ces deux mots est absolument différente.
_Séquestre_, subs. masc., est un terme de droit dont on se sert pour
désigner une personne _quelconque_, à la garde de laquelle sont
confiées les choses séquestrées par ordre de la justice. On s'assure
de la probité et de la solvabilité d'un _séquestre_, avant de
l'employer en cette qualité. Le _garnisaire_, comme le dit fort bien
M. Molard, _n'est qu'un soldat qui loge chez le débiteur du
Gouvernement_. Il n'a aucune fonction à remplir; rien n'est confié à
sa surveillance et à sa garde. C'est un hôte forcé dont la présence
incommode n'a d'autre but que de contraindre celui chez lequel il est,
d'obéir à la loi, et d'acquitter sa dette.