GARDE-ROBE. Construction en bois, propre à serrer des habits ou du
linge. Il faut se servir du mot _armoire_, subs. fém.; soit que
cette construction ait un fond ou qu'elle n'en ait pas: une belle
_armoire_. La _garde-robe_ est le lieu où l'on renferme les
habillemens d'_un prince_. On dit d'un simple particulier qu'il a
une riche _garde-robe_ pour dire qu'il a un grand nombre de beaux
habillemens, sans avoir égard au lieu où il les tient. Mais en
toute autre circonstance, le mot _garde-robe_ s'entend d'une
construction qui regarde le maçon, et non pas le charpentier.
La GARDE-ROBE est la _chambre_ destinée à contenir le linge, les
habits, les hardes de jour et de nuit, etc. L'Académie dont j'emprunte
les termes, ne fait pas de distinction à cet égard entre le _prince_
et le _particulier_. Elle ne dit pas que le mot _garde-robe_ doive
s'entendre d'une construction qui regarde le maçon, parce que
l'ouvrier ne change ni la nature, ni la destination de la chose. Elle
se sert, il est vrai, du mot _chambre_: mais les Grammairiens
n'emploient pas cette dernière expression. Ils définissent la
_garde-robe_; le _lieu_ où l'on serre les habits. C'est ainsi que
s'expriment l'auteur des Convenances grammaticales et M. de Wailly.
S'ils ont raison, quand une _armoire_ est le _lieu_ ou l'on serre des
hardes, on peut l'appeler _garde-robe_.
Les mêmes Grammairiens appellent _garde-robe_, subs. masc., un
fourreau ou surtout de toile, pour conserver les vêtemens. Ménage dit
la même chose dans ses Observations sur la langue françoise.
L'Académie n'en parle pas.