Mon mari ayant accompagné ses cousins, je restai avec les enfants
à Neuilly, où nous devions attendre le commencement de septembre
pour aller à Chinon.
Une après-midi, alors que nous nous tenions dans le pavillon,
au fond du jardin, on sonna à la grille. Ma petite bonne, peu
faite aux usages, inaccoutumée surtout aux visites, vint, sans se
presser, me dire qu'une dame me demandait, une dame qui n'avait
pas voulu donner son nom et qu'elle avait laissée à la porte.
--Mais comment est cette dame?
--Une fausse jeunesse, me dit la bonne, mais qui doit se faire
reluquer encore... Il y a deux messieurs qui sont arrêtés plus
loin...
A quelques détails complémentaires, je reconnus Emma. Mon
premier mouvement fut de ne pas la recevoir, mon mari me l'ayant
formellement interdit. Puis la pensée qu'elle n'insistait pour
me voir pendant l'absence de son frère que parce qu'elle était
malheureuse, m'apitoya. Elle venait jusqu'au fond de Neuilly,
par la grande chaleur et sans voiture; je n'eus pas la dureté de
la laisser repartir; je dis à la bonne de la faire entrer à la
maison, et j'allai la rejoindre. Il me semblait que je faisais
quelque chose d'à moitié mal, d'à moitié bien. Emma s'était
conduite d'une façon qui méritait peu d'indulgence; mais, depuis
que j'avais souffert par l'amour, j'éprouvais moins de répulsion
que de pitié pour les infortunées qui furent par lui roulées comme
les galets par la lame de la mer.
Elle était bien changée, la pauvre Emma. Le jugement sommaire de
la bonne n'était pas sans justesse. Emma, frappée par le mal des
années, concentrait toute sa farouche ardeur à en combattre le
ravage; si ses yeux s'amollissaient, elle conservait sa taille,
onduleuse, opulente sans excès, et cette bouche en grenade éclatée
qui vous donnait frais, au cœur de l'été.
Elle s'excusa beaucoup. Je croyais sa visite vulgairement
intéressée; je m'attendais à ce qu'elle me tendît une main de
quêteuse. Mais non! Elle avait avec moi, comme dès notre première
entrevue, une certaine gentillesse perceptible malgré toute la
distance qui nous séparait; je ne lui étais pas antipathique;
elle me croyait seulement soumise à des mœurs antédiluviennes
et hypocrites, et elle avait cru de la meilleure foi du monde
que, de ce qu'elle tenait pour ma vieille défroque, il ne me
resterait bientôt rien. Elle me plaignit surtout, à la suite
d'un préambule embarrassé et difficile, destiné à aborder notre
situation diminuée. Comme je lui disais que, loin de me trouver
à plaindre de cette situation nouvelle, je m'en trouvais au
contraire beaucoup plus à l'aise et menais une vie plus conforme à
mes goûts, elle me dit: «Allons donc!...» en haussant les épaules,
et je lus dans ses yeux qu'elle croyait encore à mon «jésuitisme»
invétéré. Elle n'était pas accessible à une autre conception du
bonheur qu'à celle du plaisir uni à la fortune. Elle soupira
longuement. Il était évident qu'elle avait des motifs personnels
de regretter que son frère n'eût pas réalisé ses brillantes
espérances; mais elle semblait me porter un intérêt tout personnel
et compatir à mon sort. A cela, elle avait une raison que je
n'allais pas tarder à apprendre, malheureusement. Il existait
aussi entre elle et moi cette cloison qui sépare les êtres soumis
à des mœurs totalement différentes. Elle me jugeait avec autant
de compassion que j'avais de compassion, moi, pour les Voulasne,
pour leurs amis ou pour Emma elle-même. Emma me représentait
l'image, poussée à l'extrême, de ces mœurs dont l'amour est
le pivot et la loi unique et que je voyais opposées sans cesse
comme un progrès, comme une conquête, aux mœurs disciplinées et
soumises à la contrainte morale. Je voyais en moi la génération
arrachée à ce vieux sol, inacclimatée au nouveau, cherchant entre
les deux un introuvable compromis. Notre rencontre improvisée,
dans cette pièce de la petite maison de Neuilly, prenait pour
mon esprit confus, solitaire et trop disposé à réfléchir, une
importance insoupçonnée. Cette jolie femme un peu fripée et cette
bouche, restes de désordre et de beauté, cela grandit tout à coup
devant moi. Les volets étaient clos afin d'éviter la chaleur; nous
causions dans l'ombre; je voulus voir et j'entr'ouvris l'un d'eux.
Emma se leva, se déplaça, pour se poser à contre-jour. Dans ces
mouvements, et comme mes allusions à quelques détails matériels de
la maison introduisaient un peu de familiarité dans l'entretien,
Emma qui brûlait d'arriver à ses fins, me dit qu'il fallait voir
les choses comme elles sont, prendre les gens pour ce qu'ils
valent, que vivre dans les nuages était «idiot», et qu'enfin
c'était «être une gourde» que de prétendre faire d'un homme autre
chose que ce qu'il est.
J'allais prendre la balle au bond et m'apprêter à mettre Emma hors
de chez moi, pour me traiter avec son sans-façon et son langage
de cabaret; mais c'était elle qui, par ses mots un peu vifs,
venait d'ouvrir une porte par où elle expulsait enfin toute la
rancune amassée depuis des années contre son frère dédaigneux,
et ce qu'elle me dit me cloua sur place. Je ne suis pas assez
initiée au libre parler d'Emma pour reproduire ses termes; ils
jaillirent soudain comme les scories d'un cratère en éruption;
la lave bouillante se déversait à mes pieds; j'étais surprise,
ahurie, captivée aussi par ce que m'apprenait ou m'invitait à
connaître une telle effervescence d'expressions. Je faisais, à
mesure qu'elle vociférait, la part de l'exagération, trop aisée à
discerner; mais Emma me citait des faits précis et contrôlables
qui, au-dessus du torrent fielleux, surnageaient comme les
douloureuses épaves reconnues d'une maison écroulée. Mon mari,
au dire d'Emma, n'avait jamais cessé de me tromper. La liaison
qu'il avait, avant son mariage, il ne s'était pas donné la peine
de la rompre; elle n'était ni sérieuse, ni unique; il était comme
tous ces messieurs; ils s'entraînaient les uns les autres; les
plus riches avaient des maîtresses, les moins fortunés se fussent
crus déshonorés de ne point faire comme s'ils en entretenaient
une, deux, parfois davantage. Depuis deux ans, mon mari s'était
acoquiné, disait-elle, avec une femme dangereuse non par son
esbrouffe, mais au contraire son attitude rangée et son goût de
thésauriser. Emma me la nommait, me donnait son adresse, me citait
le nom de l'enfant qu'elle avait eu récemment. «Achille a des
goûts bourgeois, me dit-elle, vous le savez; ce n'est pas tant un
noceur, mais il lui faut pour le moins un faux ménage afin qu'on
ne se f... pas de lui dans le métier.»
Les sentiments les plus divers bataillaient en moi pendant ce
discours plein de fiel dont quelques gouttes évidemment étaient
destinées à me faire souffrir. Ne vouloir pas en entendre
davantage! mais la curiosité, l'utilité d'apprendre me retenaient
attentive. Mépriser les médisances, jouer l'indifférence! mais
la révélation me faisait un mal que je n'eusse pas soupçonné.
Certes, je n'avais jamais pu aimer mon mari, d'amour; mais
j'avais pour beaucoup de ses qualités une estime définitive; et
j'aimais en lui le goût qu'il avait eu de me choisir d'abord,
de me vouloir conserver ensuite conforme à un type de femme que
je juge le meilleur, indispensable à la vie, à sa continuation,
à sa prospérité, et le plus beau au jugement secret de notre
conscience; aussi, à cause de l'amour qu'il avait pour ses
enfants... Et il possédait un autre ménage! Il pouvait aimer un
autre enfant!...
--Vous voyez bien, disait Emma, que ce n'est pas la peine de se
fouler!...
Elle avait tout l'air de vouloir ajouter des conseils amicaux aux
révélations dont elle venait de me frapper. Peut-être, après tout,
était-elle sincère et ne pensait-elle qu'à me rendre service,
une fois sa vindicte exercée contre son frère. Son exemple
m'obligeait tout à coup à faire un retour sur moi-même qui, depuis
que j'avais aimé, concevais de l'indulgence pour les femmes
amoureuses, et, à cause de cela, uniquement, sans doute, m'étais
exposée, aujourd'hui, à recevoir la visite, les révélations et
les avis de ma belle-sœur Emma. Et, pensant à la faute de ma vie,
à la femme que j'aurais pu être, en ce moment précis, moi, si
des circonstances supérieures à moi-même ne m'avaient sauvée, je
n'eus pas plus de ressentiment contre mon mari que je n'en avais,
première réflexion faite, contre Emma qui s'acquittait là, tout
simplement, de son rôle de femme naturelle. Jugeant toutes gens et
toutes choses du point de vue assez bas où notre propre faiblesse
nous pose, nous ne pouvons qu'être indulgents et débonnaires; et
je vois bien que c'est cette tiédeur débile que l'on nommera de
plus en plus la bonté.
Emma, me jugeant édifiée comme elle l'avait voulu, se leva. Je
vis qu'avant de se rejeter dans la rue, elle cherchait un miroir.
Nous étions presque dans l'ombre; une glace, derrière la pendule,
ne se prêtait que maladroitement aux soins de la coquetterie.
Je déplaçai la pendule dont le balancier eut des palpitations
désordonnées et je retournai au volet entrebâillé pour rouvrir
tout grand. Puis je revins derrière l'épaule d'Emma afin de
m'assurer qu'elle se voyait suffisamment pour donner le petit coup
nécessaire à ses cheveux et rajuster son chapeau. Je n'avais pas
coutume de me mirer dans cette glace. Le jour se trouvait par
hasard très bon. Nos deux visages paraissaient accolés comme en
un portrait de deux sœurs. Les marques définitives de l'âge me
frappèrent aux alentours des yeux d'Emma, trop tendres, plissés
et poudreux comme l'aile de certains papillons gris du soir. Un
bref regard d'elle me jugea, moi, pareillement: j'avais dix ans
de moins qu'elle, mais mes cheveux blanchissaient, ce dont je
m'efforçais depuis quelque temps de rire; à côté de cette femme
cramponnée désespérément à sa jeunesse et à sa beauté fuyantes,
pour la première fois ma figure me parut creusée en dessous par un
travail de termite. Moi comme Emma, bon gré mal gré, nous avions
reçu le coup d'aile insonore de l'oiseau qui passe au-dessus des
têtes blondes et des brunes, tantôt avec trop de hâte et tantôt
avec un retard bénévole, et en déplaçant un air funeste qui tue la
fleur humaine.
Je me retirai presque aussitôt, mais j'avais vu. Et la double
image offerte à moi par un hasard ne devait plus s'effacer de mon
souvenir, et elle devait contribuer, plus que mes méditations,
à m'éclairer sur moi-même. Mon visage, pour ainsi dire surpris,
et joue à joue, avec le tragique masque d'Emma amplifiant un
gémissement sourd et désespéré, me parut, dans sa flétrissure
commencée, porter la trace d'un sourire peut-être ancien chez moi,
mais dont je n'avais pas saisi l'expression: le sourire d'un
être attristé, mais le sourire de quelqu'un _qui sait l'existence
d'un trésor caché_... Emma contemplait les restes de sa richesse
dissipée; moi, créature aussi, femme comme elle, je souffrais
de mes ruines prématurées; quelque chose en moi,--oh! j'en
conviens!--pleurait la douce vie non savourée et trop éphémère;
mais quelque chose en moi se riait des bonheurs communs et des
choses éphémères... Emma avait goûté de folles années et ne
concevait plus rien au delà, sinon un prolongement artificiel par
le moyen de cabotinages sans relâche exercés sur sa peau. En vertu
de quel merveilleux privilège est-ce que mes premiers cheveux
blancs me causaient, par-dessous ma mélancolie, une impression
d'allégement et suscitaient en moi un élan de vie renouvelée? A
la minute, pour ainsi dire, où je venais de recevoir le choc de
deux des plus puissantes désillusions, celle de la durée de ma
jeunesse et celle de la loyauté conjugale de mon mari, loin de
sentir un abattement, le voisinage d'une femme abattue mobilisait
mes réserves secrètes, mettait en branle, au fond de moi, toute
une armée d'énergies insoupçonnées, et je reconquérais en moi un
royaume qui ne doit pas périr.
En regardant encore Emma au grand jour, alors qu'elle allait me
quitter, je me souvins de l'étonnement que m'avait causé son
genre de beauté, lors de notre première entrevue, et quand je ne
songeais à le comparer qu'à celui de madame Du Cange. Ce que
nous étions convenues, jadis, au couvent, d'appeler la beauté
de madame Du Cange, c'était une transfiguration de la chair par
le miracle de la force morale. Oh! que cela n'avait donc aucun
rapport avec le troublant assouvissement qui avivait et ombrait
les yeux de ma belle-sœur! De même Charlotte de Clamarion, sans
avoir été jamais jolie, embellissait en vieillissant, parce que sa
vie s'enrichissait de jour en jour, tandis que chez Emma toutes
les sources desséchées lui laissaient la face morne et dépitée à
jamais d'un astre mort.
Emma ne comprit rien à la sérénité que son exemple même, par
contre-coup, m'inspirait. Elle me regarda à plusieurs reprises,
à travers sa voilette, pendant que je la reconduisais à la porte
de l'avenue. Je crois qu'elle emportait de sa visite une grande
déception: l'état dans lequel elle m'avait trouvée l'étonnait;
celui où elle me laissait l'étonnait davantage. Elle n'était
pas de sens très fin; et surtout elle ignorait absolument cette
«seconde nature» qu'ajoutaient nos vieilles mœurs à la nature que
nous partageons avec toutes les bêtes humaines.
Je la vis s'éloigner à pied, relevant sa robe sur ses petits
souliers défraîchis. Une portion de moi lui en voulait de ce
qu'elle était venue faire ici; une autre, meilleure, éprouvait
pour elle une grande et sincère pitié.
Elle avait quarante ans, la malheureuse Emma, elle pouvait
vivre encore un nombre égal d'années, et elle ne leur concevait
pas d'autre emploi que le regret impuissant et l'appel désolé,
désormais ridicule, de l'amour!...
Je vins rabattre le volet, remettre de l'ordre dans la pièce
où j'avais reçu Emma, épousseter la poudre de riz semée sur le
marbre de la cheminée, sur le bras d'un fauteuil et jusque sur
le tapis de la table, replacer la pendule en son beau milieu. Un
parfum demeurait dans l'atmosphère. Suzanne en entrant le happa
de ses petites narines si jeunes encore, s'arrêta, et poussa une
exclamation qui prouvait que, déjà, elle n'y était pas insensible.
--C'est de très mauvais goût, lui dis-je. Nous devons sentir bon
par nos qualités, et cela suffit.
A sa mine indifférente et aussitôt distraite, je vis bien que
Suzanne tenait mes paroles pour le langage convenu que les parents
adressent aux enfants, auquel les enfants ne croient pas parce que
les parents n'y croient pas eux-mêmes.
J'y croyais! J'eus même l'impression soudaine d'y croire plus
ardemment que je n'avais jamais fait à aucun précepte adressé
à mes enfants! Et, simultanément, s'imposa à moi de nouveau
l'impérieuse nécessité de cette adhésion passionnée aux vérités
morales, dont il faut que l'ardeur soit bien grande si nous
voulons en communiquer la centième partie!...
Un élan irrésistible me poussa à ma chambre où je tombai à genoux
au pied de mon lit, comme autrefois: «Mon Dieu! mon Dieu!...» Mais
les mots qui s'adressent à Dieu, pour ne les avoir pas prononcés
tous les jours, mes lèvres ne les retrouvaient plus. J'entendis
dans l'escalier le pas de Suzanne; il se tut aux environs de ma
porte; on essaya de tourner le bouton; mais j'avais fermé au
verrou. Suzanne cria:
--Maman, qu'est-ce que tu fais?
--Je prie le bon Dieu, mon enfant.
--Ce n'est pas vrai... tu pleures...
O terribles enfants, en qui nous sentons quelque chose de plus
fort que nous!... Dans le moment où nous essayons de nous gonfler
pour nous envoler dans les airs, ils nous lancent des traits qui
nous percent; ils me rappellent la voix implacablement humaine
de Montaigne, si cinglante pour ceux qu'a touchés l'accent de
l'auteur des _Pensées_, son fils sublime: «Nous aurons beau
faire... nous n'en sommes pas moins assis sur notre derrière...»
Et pourtant lui-même avait dit, inspiré par l'amoureuse amitié un
jour: «O la vile chose et abjecte que l'Homme, s'il ne s'élève
au-dessus de l'humanité!...» Choix angoissant! entre le ciel et
la terre prendre parti! renoncer à l'enivrement du plus beau en
faveur de la sagesse au visage de marbre! Vivre à mi-côte, la plus
dure des résignations!...
Tout à coup, un beau jour, je reconnus que, précisément, cette
résignation étant pour moi la plus dure, c'était à celle-là qu'il
fallait me soumettre. Accepter la médiocrité du monde, oui,
cela était pour moi une tâche plus ardue que de laver les pieds
des pauvres ou de bander les ulcères, comme faisait Charlotte
de Clamarion. Et quand j'eus résolu d'accomplir cette tâche
qui s'impose aux femmes «de la bonne moyenne» dont j'étais, il
me sembla que mon appétit de passion était comblé... Ma voie à
mi-côte s'allongeait devant moi, droite et unie; tout orgueil
abattu, j'y roulais, emboîtée en des rails d'acier que ma volonté
avait étendus sur un plan; et je goûtais à cet effort plus de
bonheur secret que je n'en avais éprouvé lorsque, dans mon
emportement, j'avais fui avec indignation le milieu Voulasne.
Par la plus âpre lutte que je pusse soutenir contre moi-même,
je touchais le plus parfait contentement intime: je refaisais,
de mon propre mouvement, et par la force des choses, ce que
la plus vieille foi de ma famille enseignait comme le devoir
élémentaire; l'expérience me ramenait à mon point de départ un
peu dédaigneusement abandonné dans la bourrasque que déchaînent
les courants d'air de mon temps; sur le chemin de retour où je
marchais, ne discernais-je pas déjà ces grandes voix, organes
mystérieux, échos d'instruments inconnus, dont le timbre n'a pas
d'équivalent parmi ceux de ce monde, dont la musique célébrait
la dignité de mon origine, la sainteté de ma destinée, et entre
ces deux relais, l'humble beauté de la vie que nous ne pouvons pas
changer. «Faire les petites choses comme grandes à cause de la
majesté de Jésus-Christ qui les fait en nous...», m'avait dit un
jour celui qui se plaisait à m'instruire si dangereusement!