ORDONNANCE DE MONSEIGNEUR L'ARCHEVÊQUE DE PARIS.

«Hardouin, par la grâce de Dieu et du Saint-Siège apostolique,

archevêque de Paris, à tous curés et vicaires de cette ville et

fauxbourgs, salut en Notre-Seigneur. Sur ce qui nous a été remontré par

notre promoteur, que, le vendredi cinquième de ce mois, on représenta

sur l'un des théâtres de cette ville, sous le nouveau nom de

_l'Imposteur_, une comédie très-dangereuse, et qui est d'autant plus

capable de nuire à la religion que, sous prétexte de condamner

l'hypocrisie ou la fausse dévotion, elle donne lieu d'en accuser

indifféremment tous ceux qui font profession de la plus solide piété, et

les expose par ce moyen aux railleries et aux calomnies continuelles des

libertins; de sorte que, pour arrêter le cours d'un si grand mal, qui

pourrait séduire les âmes faibles et les détourner du chemin de la

vertu, notredit promoteur nous aurait requis de faire défense à toute

personne de notre diocèse de représenter, sous quelque nom que ce soit,

la susdite comédie, de la lire ou entendre réciter, soit en public, soit

en particulier, sous peine d'excommunication;

«Nous, sachant combien il serait en effet dangereux de souffrir que la

véritable piété fut blessée par une représentation si scandaleuse et que

le roi même avait ci-devant très-expressément défendue; et considérant

d'ailleurs que, dans un temps où ce grand monarque expose si librement

sa vie pour le bien de son État, et où notre principal soin est

d'exhorter tous les gens de bien de notre diocèse à faire des prières

continuelles pour la conservation de sa personne sacrée et pour le

succès de ses armes, il y aurait de l'impiété de s'occuper à des

spectacles capables d'attirer la colère du ciel; avons fait et faisons

très-expresses inhibitions et défenses à toutes personnes de notre

diocèse de représenter, lire ou entendre réciter la susdite comédie,

soit publiquement, soit en particulier, sous quelque nom et quelque

prétexte que ce soit, et ce, sous peine d'excommunication.

«Si mandons aux archiprêtres de Sainte-Marie-Magdelaine et de

Saint-Severin de vous signifier la présente ordonnance, que vous

publierez en vos prônes aussitôt que vous l'aurai reçue, en faisant

connaître à tous vos paroissiens combien il importe à leur salut de ne

point assister à la représentation ou lecture de la susdite ou

semblables comédies. Donné à Paris sous le sceau de nos armes, ce

onzième août mil six cent soixante-sept.

«HARDOUIN, archevêque de Paris.

Par mondit seigneur,

L'Illustration, No. 0046, 13 Janvier 1844. · 第 6 / 12 题