CHAPITRE X

Continuation du même sujet.

Comme il n'y a guère que les religions intolérantes qui aient un

grand zèle pour s'établir ailleurs, parce qu'une religion qui peut

tolérer les autres ne songe guère à sa propagation, ce sera une très

bonne loi civile, lorsque l'État est satisfait de la religion déjà

établie, de ne point souffrir l'établissement d'une autre[381].

[381] Je ne parle point, dans tout ce chapitre, de la religion

chrétienne, parce que, comme j'ai dit ailleurs, la religion

chrétienne est le premier bien. Voyez la fin du chapitre I du livre

précédent, et la _Défense de l'Esprit des Lois_, seconde partie.

Voici donc le principe fondamental des lois politiques en fait de

religion. Quand on est maître de recevoir dans un État une nouvelle

religion, ou de ne la pas recevoir, il ne faut pas l'y établir; quand

elle y est établie, il faut la tolérer.

Esprit des lois livres I à V, précédés d'une introduction de l'éditeur · 第 197 / 211 题