Continuation du même sujet.
Comme il n'y a guère que les religions intolérantes qui aient un
grand zèle pour s'établir ailleurs, parce qu'une religion qui peut
tolérer les autres ne songe guère à sa propagation, ce sera une très
bonne loi civile, lorsque l'État est satisfait de la religion déjà
établie, de ne point souffrir l'établissement d'une autre[381].
[381] Je ne parle point, dans tout ce chapitre, de la religion
chrétienne, parce que, comme j'ai dit ailleurs, la religion
chrétienne est le premier bien. Voyez la fin du chapitre I du livre
précédent, et la _Défense de l'Esprit des Lois_, seconde partie.
Voici donc le principe fondamental des lois politiques en fait de
religion. Quand on est maître de recevoir dans un État une nouvelle
religion, ou de ne la pas recevoir, il ne faut pas l'y établir; quand
elle y est établie, il faut la tolérer.