Belle coutume des Samnites.
Les Samnites avaient une coutume qui, dans une petite république, et
surtout dans la situation où était la leur, devait produire
d'admirables effets. On assemblait tous les jeunes gens, et on les
jugeait: celui qui était déclaré le meilleur de tous prenait pour sa
femme la fille qu'il voulait; celui qui avait les suffrages après lui
choisissait encore; et ainsi de suite[201]. Il était admirable de ne
regarder entre les biens des garçons que les belles qualités, et les
services rendus à la patrie. Celui qui était le plus riche de ces
sortes de biens choisissait une fille dans toute la nation. L'amour,
la beauté, la chasteté, la vertu, la naissance, les richesses même,
tout cela était, pour ainsi dire, la dot de la vertu. Il serait
difficile d'imaginer une récompense plus noble, plus grande, moins à
charge à un petit État, plus capable d'agir sur l'un et l'autre sexe.
[201] Fragm. de Nicolas de Damas, tiré de Stobée, dans le recueil
de Const. Porphyr.
Les Samnites descendaient des Lacédémoniens; et Platon, dont les
institutions ne sont que la perfection des lois de Lycurgue, donna à
peu près une pareille loi[202].
[202] Il leur permet même de se voir plus fréquemment. (PLATO, _de
Republica_, lib. V.)