Des dots et des avantages nuptiaux dans les diverses constitutions.
Les dots doivent être considérables dans les monarchies, afin que les
maris puissent soutenir leur rang et le luxe établi. Elles doivent
être médiocres dans les républiques, où le luxe ne doit pas
régner[200]. Elles doivent être à peu près nulles dans les États
despotiques, où les femmes sont en quelque façon esclaves.
[200] Marseille fut la plus sage des républiques de son temps: les
dots ne pouvaient passer cent écus en argent, et cinq en habits,
dit Strabon, livre IV.
La communauté des biens, introduite par les lois françaises entre le
mari et la femme, est très convenable dans le gouvernement
monarchique, parce qu'elle intéresse les femmes aux affaires
domestiques, et les rappelle, comme malgré elles, au soin de leur
maison. Elle l'est moins dans la république, où les femmes ont plus de
vertu. Elle serait absurde dans les États despotiques, où presque
toujours les femmes sont elles-mêmes une partie de la propriété du
maître.
Comme les femmes, par leur état, sont assez portées au mariage, les
gains que la loi leur donne sur les biens de leur mari sont inutiles.
Mais ils seraient très pernicieux dans une république, parce que leurs
richesses particulières produisent le luxe. Dans les États
despotiques, les gains de noces doivent être leur subsistance, et rien
de plus.