De la continence publique.
Il y a tant d'imperfections attachées à la perte de la vertu dans les
femmes, toute leur âme en est si fort dégradée, ce point principal ôté
en fait tomber tant d'autres, que l'on peut regarder dans un État
populaire l'incontinence publique comme le dernier des malheurs, et la
certitude d'un changement dans la constitution.
Aussi les bons législateurs y ont-ils exigé des femmes une certaine
gravité de moeurs. Ils ont proscrit de leurs républiques non seulement
le vice, mais l'apparence même du vice. Ils ont banni jusqu'à ce
commerce de galanterie qui produit l'oisiveté, qui fait que les
femmes corrompent avant même d'être corrompues, qui donne un prix à
tous les riens, et rabaisse ce qui est important, et qui fait que l'on
ne se conduit plus que sur les maximes du ridicule, que les femmes
entendent si bien à établir.