De la loi du talion.
Les États despotiques, qui aiment les lois simples, usent beaucoup de
la loi du talion[153]; les États modérés la reçoivent quelquefois:
mais il y a cette différence, que les premiers la font exercer
rigoureusement, et que les autres lui donnent presque toujours des
tempéraments.
[153] Elle est établie dans l'Alcoran. Voyez le chapitre de _la
Vache_.
La loi des Douze Tables en admettait deux: elle ne condamnait au
talion que lorsqu'on n'avait pu apaiser celui qui se plaignait[154].
On pouvait, après la condamnation, payer les dommages et
intérêts[155], et la peine corporelle se convertissait en peine
pécuniaire[156].
[154] _Si membrum rupit, ni cum eo pacit, talio esto._ (AULU-GELLE,
liv. XX, ch. Ier.)
[155] AULU-GELLE, liv. XX, ch. Ier.
[156] Voyez aussi la _loi des Wisigoths_, liv. VI, t. IV, § 3 et 5.