CHAPITRE XVIII

Des peines pécuniaires et des peines corporelles.

Nos pères les Germains n'admettaient guère que des peines pécuniaires.

Ces hommes guerriers et libres estimaient que leur sang ne devait être

versé que les armes à la main. Les Japonais[152], au contraire,

rejettent ces sortes de peines, sous prétexte que les gens riches

éluderaient la punition. Mais les gens riches ne craignent-ils pas de

perdre leurs biens? Les peines pécuniaires ne peuvent-elles pas se

proportionner aux fortunes? et enfin, ne peut-on pas joindre l'infamie

à ces peines?

[152] Voyez Kempfer.

Un bon législateur prend un juste milieu: il n'ordonne pas toujours

des peines pécuniaires; il n'inflige pas toujours des peines

corporelles.

Esprit des lois livres I à V, précédés d'une introduction de l'éditeur · 第 95 / 211 题