De l'esprit du sénat de Rome.
Sous le consulat d'Acilius Glabrio et de Pison, on fit la loi
Acilia[132] pour arrêter les brigues. Dion[133] dit que le sénat
engagea les consuls à la proposer, parce que le tribun C. Cornelius
avait résolu de faire établir des peines terribles contre ce crime, à
quoi le peuple était fort porté. Le sénat pensait que des peines
immodérées jetteraient bien la terreur dans les esprits, mais qu'elles
auraient cet effet, qu'on ne trouverait plus personne pour accuser ni
pour condamner; au lieu qu'en proposant des peines modiques, on aurait
des juges et des accusateurs.
[131] Tout ce chapitre est traduit de Dion. (_Note de l'éditeur._)
[132] Les coupables étaient condamnés à une amende; ils ne
pouvaient plus être admis dans l'ordre des sénateurs et nommés à
aucune magistrature. (DION, liv. XXXVI.)
[133] _Ibid._