CHAPITRE XIV[131]

De l'esprit du sénat de Rome.

Sous le consulat d'Acilius Glabrio et de Pison, on fit la loi

Acilia[132] pour arrêter les brigues. Dion[133] dit que le sénat

engagea les consuls à la proposer, parce que le tribun C. Cornelius

avait résolu de faire établir des peines terribles contre ce crime, à

quoi le peuple était fort porté. Le sénat pensait que des peines

immodérées jetteraient bien la terreur dans les esprits, mais qu'elles

auraient cet effet, qu'on ne trouverait plus personne pour accuser ni

pour condamner; au lieu qu'en proposant des peines modiques, on aurait

des juges et des accusateurs.

[131] Tout ce chapitre est traduit de Dion. (_Note de l'éditeur._)

[132] Les coupables étaient condamnés à une amende; ils ne

pouvaient plus être admis dans l'ordre des sénateurs et nommés à

aucune magistrature. (DION, liv. XXXVI.)

[133] _Ibid._

Esprit des lois livres I à V, précédés d'une introduction de l'éditeur · 第 91 / 211 题