En quel cas ces institutions singulières peuvent être bonnes.
Ces sortes d'institutions peuvent convenir dans les républiques[C69],
parce que la vertu politique en est le principe; mais, pour porter à
l'honneur dans les monarchies, ou pour inspirer de la crainte dans les
États despotiques, il ne faut pas tant de soins.
Elles ne peuvent d'ailleurs avoir lieu que dans un petit État[M62], où
l'on peut donner une éducation générale, et élever tout un peuple
comme une famille.
[M62] Comme étaient les villes de la Grèce.
Les lois de Minos, de Lycurgue et de Platon supposent une attention
singulière de tous les citoyens les uns sur les autres. On ne peut se
promettre cela dans la confusion, dans les négligences, dans l'étendue
des affaires d'un grand peuple.
Il faut, comme on l'a dit, bannir l'argent dans ces institutions.
Mais, dans les grandes sociétés[C70], le nombre, la variété,
l'embarras, l'importance des affaires, la facilité des achats, la
lenteur des échanges, demandent une mesure commune. Pour porter
partout sa puissance, ou la défendre partout, il faut avoir ce à quoi
les hommes ont attaché partout la puissance.