Malgré le soir qui s’avance à pas lents et qui fait taire toutes les
chansons;
Malgré le départ de tes compagnes et ta fatigue;
Malgré la peur qui court dans les ténèbres; malgré le ciel voilé;
Oiseau, ô mon oiseau écoute-moi; ne ferme pas tes ailes.
* * * * *
L’obscurité qui t’environne n’est pas celle des feuilles de la forêt;
c’est la mer qui se gonfle comme un immense serpent noir.
Les fleurs du jasmin ne dansent pas devant toi; c’est l’écume des vagues
qui étincelle.
Ah! où est la rive verte et ensoleillée? où est ton nid?
Oiseau, ô mon oiseau écoute-moi; ne ferme pas tes ailes.
* * * * *
La nuit solitaire s’étend sur le sentier; l’aurore sommeille derrière
les collines pleines d’ombre; les étoiles muettes comptent les heures;
la lune pâlie baigne dans la nuit profonde.
Oiseau, ô mon oiseau écoute-moi, ne ferme pas tes ailes.
* * * * *
Pour toi il n’y a ni espoir ni crainte; il n’y a pas de paroles, pas de
murmures, pas de cris.
Il n’y a ni abri, ni lit de repos...
Il n’y a que ta paire d’ailes et le ciel infini.
Oiseau, ô mon oiseau, écoute-moi: ne ferme pas tes ailes.