LXV

Est-ce ta voix que j’entends?

Le soir est venu. Comme les bras suppliants d’une amoureuse, la fatigue

m’étreint.

M’appelles-tu?

* * * * *

Je t’ai donné toute ma journée; veux-tu me voler aussi mes nuits,

maîtresse cruelle?

Pourtant il y a une fin à tout et la solitude de la nuit est à chacun.

Pourquoi ta voix la déchire-t-elle et vient-elle embraser mon cœur?

* * * * *

Le soir n’a-t-il, à ton seuil, nulle musique berceuse?

Les Etoiles aux ailes silencieuses ne montent-elles jamais au dessus de

ta hautaine tour?

Les fleurs de ton jardin ne tombent-elles jamais dans la poussière en

douce agonie?

* * * * *

Pourquoi m’appelles-tu, ô chère tourmentée?

Laisse donc les doux yeux de l’amour veiller et pleurer en vain.

Laisse brûler ta lampe dans la maison solitaire.

Laisse le bac ramener chez eux les laboureurs fatigués...

...Je quitte mes rêves et j’accours à ton appel.

Le jardinier d'amour · 第 81 / 103 题