J’ai passé ma journée dans l’ardente poussière de la route.
A la fraîcheur du soir, je frappe à la porte de l’auberge. Elle est
déserte et en ruines.
Un «Ashath» morose étend ses racines agrippantes et affamées dans les
crevasses béantes du mur.
* * * * *
Il fut un temps où les passants venaient ici laver leurs pieds fatigués:
Ils étendaient leurs nattes dans la cour et, assis sous la lumière
diffuse d’une lune tôt levée, ils parlaient de pays inconnus.
Au matin, reposés, ils s’éveillaient, mis en joie par le chant des
oiseaux, et les fleurs amicales inclinaient vers eux la tête du bord du
chemin.
Maintenant aucune lampe allumée ne m’attend ici.
Sur le mur, les taches noires de la fumée, traces de veillées
lointaines, me regardent de leurs yeux aveugles.
Quelques lucioles volètent dans le buisson près de l’étang desséché et
des branches de bambous étendent leurs ombres sur le chemin envahi par
l’herbe.
C’est la fin du jour; je ne suis l’hôte de personne et, fatigué, j’ai la
longue nuit devant moi.