XIII

Je ne demandais rien. Je restais debout à la lisière du bois derrière

l’arbre.

Les yeux de l’aurore étaient encore couverts de langueur et la rosée

était dans l’air.

La paresseuse senteur de l’herbe était suspendue dans le mince

brouillard qui planait sur la terre.

Pour traire la vache avec vos mains tendres et fraîches comme du beurre,

vous étiez sous le bananier.

* * * * *

Je restai immobile.

Je ne dis pas un mot; seul l’oiseau chanta caché dans le buisson.

Les fleurs du manguier tombaient sur la route du village et une à une

les abeilles venaient bourdonner autour d’elles.

Du côté de l’étang la grille du temple de _Shiva_ était ouverte et

l’adorateur avait commencé ses chants.

La jarre sur vos genoux, vous trayiez la vache.

Je restai debout avec ma cruche vide.

* * * * *

Je ne m’approchai pas de vous.

Le jour s’éveilla avec le son du gong dans le temple.

La poussière s’éleva de la route sous les sabots des bêtes du troupeau.

Les femmes revenaient de la rivière portant sur leurs hanches leurs

cruches glougloutantes.

Vos bracelets tintaient et l’écume du lait débordait de votre jarre.

La matinée s’écoula, et je ne m’approchai pas de vous.

Le jardinier d'amour · 第 30 / 103 题