III

Au matin, je jetai mon filet dans la mer.

J’arrachai du sombre abîme d’étranges merveilles: les unes brillaient

comme un sourire, d’autres scintillaient comme des larmes et d’autres

étaient rougissantes comme les joues d’une jeune épousée.

Quand, chargé de mon précieux fardeau, je revins à la maison, ma

bien-aimée était assise dans le jardin et nonchalamment effeuillait les

pétales d’une fleur.

J’hésitai un instant, puis je plaçai à ses pieds tout ce que j’avais

arraché à la mer et je restai là silencieux.

Elle y jeta un regard et dit: Quelles sont ces choses étranges? A quoi

peuvent-elles servir?

De honte, je baissai la tête et je pensai: Je n’ai pas lutté pour

obtenir ceci; rien de tout cela n’a été acheté sur le marché; ce ne

sont pas des présents faits pour elle.

Alors, durant toute la nuit, je jetai ces trésors dans la rue.

Au matin, des voyageurs vinrent; ils les ramassèrent et les emportèrent

dans des pays lointains.

Le jardinier d'amour · 第 20 / 103 题