Nous avons reçu, Monsieur le Comte, avec une bien vive reconnaissance,
les étendards de l'ancienne compagnie des grenadiers à cheval de la
garde du roi, dont Sa Majesté daigne nous confier la conservation. C'est
et ce sera à jamais pour nous un témoignage bien honorable et une
preuve touchante que Sa Majesté apprécie les services de celui que nous
pleurons.
La France a vu avec admiration un corps si nouvellement formé et composé
des vétérans de l'usurpateur, conserver une fidélité inébranlable au
roi. Combien il a fallu que celui qui en avait le commandement fût bien
secondé par ceux qui lui étaient associés! Nous savons, Monsieur le
Comte, tout le zèle que vous avez montré; M. de La Rochejaquelein vous
regardait comme un autre lui-même. Nous n'oublierons jamais que c'est à
votre demande que nous devons l'honorable dépôt de ces étendards. Puisse
ce corps, qui a fini au moment où il venait de se couvrir de gloire,
être rétabli et confié encore à ses anciens chefs! avec quel
empressement nous remettrions ces étendards en leurs mains!
Agréez, Monsieur le Comte, l'assurance de notre vive reconnaissance, et
les sentimens de la considération avec laquelle nous avons l'honneur
d'être, etc.
Donnissan, marquise de La Rochejaquelein.
Auguste, comte de La Rochejaquelein.
_Lettre à M. le comte de Pradel, directeur-général du ministère de la
maison du roi, ayant le portefeuille_.