18 décembre 1816.

Nous avons reçu, Monsieur le Comte, avec une bien vive reconnaissance,

les étendards de l'ancienne compagnie des grenadiers à cheval de la

garde du roi, dont Sa Majesté daigne nous confier la conservation. C'est

et ce sera à jamais pour nous un témoignage bien honorable et une

preuve touchante que Sa Majesté apprécie les services de celui que nous

pleurons.

La France a vu avec admiration un corps si nouvellement formé et composé

des vétérans de l'usurpateur, conserver une fidélité inébranlable au

roi. Combien il a fallu que celui qui en avait le commandement fût bien

secondé par ceux qui lui étaient associés! Nous savons, Monsieur le

Comte, tout le zèle que vous avez montré; M. de La Rochejaquelein vous

regardait comme un autre lui-même. Nous n'oublierons jamais que c'est à

votre demande que nous devons l'honorable dépôt de ces étendards. Puisse

ce corps, qui a fini au moment où il venait de se couvrir de gloire,

être rétabli et confié encore à ses anciens chefs! avec quel

empressement nous remettrions ces étendards en leurs mains!

Agréez, Monsieur le Comte, l'assurance de notre vive reconnaissance, et

les sentimens de la considération avec laquelle nous avons l'honneur

d'être, etc.

Donnissan, marquise de La Rochejaquelein.

Auguste, comte de La Rochejaquelein.

_Lettre à M. le comte de Pradel, directeur-général du ministère de la

maison du roi, ayant le portefeuille_.

Mémoires de Mme la marquise de La Rochejaquelein écrits par elle-même · 第 32 / 56 题