Des deux lettres de ma femme, copiées par une main banale, reçues
seulement le 28 mars, j'extrais le passage suivant:
Paris, 1er janvier 1897.
Aujourd'hui, plus particulièrement encore, j'ai besoin de venir auprès
de toi, de me rapprocher, de m'entretenir de nos chagrins, comme aussi
de nos espérances. Cette journée plus triste, par cela même qu'elle me
rappelle d'excellents souvenirs bien lointains déjà, je voudrais la
passer tout entière à causer avec toi, elle me semblerait moins
longue, moins amère; je ne saurais exprimer à nouveau des voeux
répétés si souvent et depuis si longtemps. J'appelle de toutes mes
forces le moment si tardif où nous pourrons enfin vivre en paix, où je
pourrai te rendre un nom honoré, où je pourrai te serrer dans mes
bras... Espérons que cette nouvelle année nous apportera la
réalisation de nos voeux...
Dans l'attente continuelle dans laquelle je vis, tes lettres seules
peuvent m'apporter un peu de détente; c'est quelque chose de toi,
c'est une petite parcelle de ta pensée qui vient me retrouver, me
consoler pendant un long mois...