De ma femme:
Jeudi 10 janvier 1895.
J'ai reçu hier soir ta lettre de mardi et je l'aie lue, relue; j'ai
pleuré étant seule dans ma chambre et ce matin encore à mon réveil.
J'avais joui cette nuit d'un peu de calme, j'avais rêvé que nous
causions; mais quel réveil, quelles angoisses quand je me suis trouvée
de nouveau en proie à mon sombre chagrin! Si je souffre tant, c'est
pour toi qui subis héroïquement le plus terrible des martyres, pour
toi qui as été torturé moralement de la façon la plus épouvantable et
la plus imméritée...