Je ne puis me lasser de t'écrire, de venir te causer, ce sont mes
seuls bons moments; je ne sais faire que cela et pleurer. Tes lettres
me font tant de bien, merci. Continue à me gâter. Je donnerai aux
enfants des jouets de ta part; ils n'ont pas besoin de cela pour
penser à toi. Tu étais si bon pour eux que ces petits ne t'oublient
pas. Pierre demande beaucoup après toi et le matin ils viennent tous
deux dans ma chambre admirer ta photographie... Pauvre ami, comme tu
dois souffrir de ne pas les voir. Mais garde ton beau courage; un jour
viendra où nous serons tous réunis, tous heureux, où tu pourras les
caresser, les adorer.
Je t'en supplie, ne t'occupe pas de ce que pense la foule. Tu sais
combien les opinions tournent... Qu'il te suffise de savoir que tous
tes amis, tous ceux qui te connaissent sont pour toi; les gens
intelligents cherchent à débrouiller le mystère.