27 décembre 1894.

Je ne puis me lasser de t'écrire, de venir te causer, ce sont mes

seuls bons moments; je ne sais faire que cela et pleurer. Tes lettres

me font tant de bien, merci. Continue à me gâter. Je donnerai aux

enfants des jouets de ta part; ils n'ont pas besoin de cela pour

penser à toi. Tu étais si bon pour eux que ces petits ne t'oublient

pas. Pierre demande beaucoup après toi et le matin ils viennent tous

deux dans ma chambre admirer ta photographie... Pauvre ami, comme tu

dois souffrir de ne pas les voir. Mais garde ton beau courage; un jour

viendra où nous serons tous réunis, tous heureux, où tu pourras les

caresser, les adorer.

Je t'en supplie, ne t'occupe pas de ce que pense la foule. Tu sais

combien les opinions tournent... Qu'il te suffise de savoir que tous

tes amis, tous ceux qui te connaissent sont pour toi; les gens

intelligents cherchent à débrouiller le mystère.

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 21 / 171 题