Je pleure, je pleure et je recommence à pleurer. Tes lettres seules
viennent me consoler dans mon extrême douleur, seules elles me
soutiennent et me réconfortent. Vis pour moi, je t'en conjure, mon
cher ami; rassemble tes forces, lutte, luttons ensemble jusqu'à la
découverte du coupable. Que deviendrai-je sans toi? je n'aurai plus
rien qui me rattacherait au monde, je mourrais de chagrin si je
n'avais l'espoir de me retrouver auprès de toi et de passer encore
d'heureuses années à tes côtés...
Nos enfants sont ravissants. Ton pauvre petit Pierre demande tant
après toi, je ne puis lui répondre que par des larmes. Ce matin encore
il me demandait si tu rentrerais ce soir. Je m'ennuie beaucoup,
beaucoup après mon papa, m'a-t-il dit. Jeanne change énormément; elle
cause bien, fait des phrases et embellit beaucoup. Du courage, tu les
retrouveras un jour; nos rêves, nos projets renaîtront et nous
pourrons les accomplir.