25 décembre.

Je pleure, je pleure et je recommence à pleurer. Tes lettres seules

viennent me consoler dans mon extrême douleur, seules elles me

soutiennent et me réconfortent. Vis pour moi, je t'en conjure, mon

cher ami; rassemble tes forces, lutte, luttons ensemble jusqu'à la

découverte du coupable. Que deviendrai-je sans toi? je n'aurai plus

rien qui me rattacherait au monde, je mourrais de chagrin si je

n'avais l'espoir de me retrouver auprès de toi et de passer encore

d'heureuses années à tes côtés...

Nos enfants sont ravissants. Ton pauvre petit Pierre demande tant

après toi, je ne puis lui répondre que par des larmes. Ce matin encore

il me demandait si tu rentrerais ce soir. Je m'ennuie beaucoup,

beaucoup après mon papa, m'a-t-il dit. Jeanne change énormément; elle

cause bien, fait des phrases et embellit beaucoup. Du courage, tu les

retrouveras un jour; nos rêves, nos projets renaîtront et nous

pourrons les accomplir.

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 19 / 171 题