24 décembre 1894.

Je souffre au delà de tout ce qu'on peut imaginer des horribles

tortures que tu supportes; ma pensée ne te quitte pas une seconde. Je

te vois seul dans ta triste prison en proie aux plus sombres

réflexions, je compare nos années de bonheur, les douces journées que

nous avons passées ensemble à l'heure actuelle. Comme nous étions

heureux, comme tu as été bon et dévoué pour moi, avec quel entier

dévouement tu m'as soignée quand j'étais malade, quel père tu étais

pour nos pauvres chéris. Tout cela passe et repasse dans mon esprit;

je suis malheureuse de ne pas t'avoir près de moi, de me sentir seule.

Mon cher adoré, il faut, il faut absolument que nous nous retrouvions

ensemble, que nous vivions l'un pour l'autre, car nous ne pouvons plus

exister l'un sans l'autre. Il faut que tu te résignes à tout, que tu

supportes les terribles épreuves qui t'attendent, que tu sois fort et

fier dans le malheur...

Cinq années de ma vie, 1894-1899 · 第 18 / 171 题